La centrale hydroélectrique CNR de Bollène, classée monument historique depuis 1992, propose des visites guidées tout au long de l'année, avec des créneaux supplémentaires pendant l'été. Ce site industriel hors norme produit chaque année l'équivalent de la consommation électrique de 800 000 foyers, comme l'explique la guide conférencière Nathalie Schmitt lors des visites.
Un symbole d'après-guerre
Inaugurée en 1952 par le président de la République Vincent Auriol, après quatre ans de travaux, la centrale a été conçue comme un message de force adressé au monde entier, selon Nathalie Schmitt. Le bâtiment, qui enjambe le Rhône, impressionne par ses grands piliers, sa façade en béton armé et ses centaines d'alvéoles vitrées.
Le site dispose de six machines, chacune ayant une capacité de production de 56 mégawatts. C'est cette puissance qui explique le gigantisme des lieux. Les turbines de l'époque étant verticales, les volumes étaient nécessaires pour des raisons de manutention, précise la guide.
Découverte de la CNR et de son histoire
La visite est également l'occasion de mieux faire connaître la Compagnie nationale du Rhône (CNR), ses missions (irriguer, naviguer, produire et valoriser) et ses équipements : une cinquantaine d'usines de production et 19 écluses. Créée en 1933, cette société anonyme d'intérêt général dispose d'une concession de l'État sur le fleuve, dont la durée initiale de 75 ans, arrivée à échéance en 2023, a été prolongée jusqu'en 2041.
Un film d'images d'archives retrace la construction de la centrale et de son canal de dérivation Donzère-Mondragon, surnommé "le Suez français", qui a mobilisé entre 5 000 et 7 000 ouvriers à l'époque.
L'ancienne salle de contrôle, un voyage dans le temps
Le moment fort de la visite est sans doute l'ancienne salle de contrôle, abandonnée en 1984 pour une installation plus moderne. Cette salle sans fenêtre, avec ses vieux téléphones et ses nombreux cadrans, semble figée dans le temps, suscitant des réactions comme celle d'un jeune visiteur : "On se croirait dans un film."
Les visiteurs peuvent aussi observer, depuis un point surélevé, la salle des machines et son tumulte. Nathalie Schmitt rappelle que l'essentiel se passe sous le niveau du sol : "Là, deux machines ne fonctionnent pas, elles sont en maintenance. On a un petit débit en ce moment donc on n'utilise pas toute notre puissance."
Une visite complète entre patrimoine et industrie
Après une démonstration sur maquette du fonctionnement de la centrale, la visite se termine à l'extérieur, où les participants, équipés de chasubles et de casques, découvrent le fleuve et les grilles qui filtrent les débris charriés par l'eau. L'écluse est actuellement inaccessible en raison de travaux de modernisation.
Les prochains créneaux de visite sont prévus les 23, 25, 27 et 29 août, ainsi que les 5 et 13 septembre. Les réservations se font sur le site lescircuitsdelenergie.fr. Les tarifs sont de 10 euros par adulte et 5 euros par enfant.



