Des riverains excédés agissent contre les incendies et les squatteurs
Ce mercredi matin, un groupe de riverains excédés par l’état d’abandon de la propriété située au 6 avenue Edith-Cavell à Hyères a décidé de prendre les choses en main. « Nous avons peur d’un cinquième incendie ! », ont-ils déclaré, après le quatrième incendie survenu le 21 avril dernier, en présence d’un squatteur évacué par la police municipale. Ils ont procédé au débroussaillage du terrain de 1 300 mètres carrés, envahi par les herbes folles et longeant la voie Olbia.
Une situation intenable depuis quatre ans
Un retraité du quartier, dépité, témoigne : « C’est une catastrophe ! » Il est confronté depuis quatre ans à une situation devenue intenable. Dans ce quartier réputé calme, le quotidien est devenu un enfer depuis cinq ans. Les grillages mis en place par la commune aux entrées de la bâtisse abandonnée ne résistent pas aux intrusions des squatteurs, de jour comme de nuit. « Ils ont même planté des tentes en plein milieu des broussailles », rapporte un habitant, décontenancé par les immondices et débris jonchant le terrain.
Un jeune père de famille inquiet ajoute : « La situation, maintenant, tout le monde la connaît. Le problème est que les propriétaires n’assument pas. Si on ne fait rien, cet été, on va vers un nouvel incendie. »
Les mesures de la commune et la procédure de démolition
La commune, y compris sous l’ancienne mandature, avait pris un arrêté de péril pour la maison en août 2025, ainsi que des mesures urgentes de débroussaillage et de nettoyage de la parcelle. Un arrêté d’interdiction de pénétrer dans la parcelle avait également été pris, avec murage des entrées. « Il faut le reconnaître. Nous avons été entendus par la commune, et sommes soutenus un minimum, et cela fait du bien au moral. Mais dans les faits, cela recommence », confie un riverain.
À la suite de l’incendie du 21 avril, la maire Véronique Bernardini, face à l’absence de réponses des propriétaires, a décidé de passer à la vitesse supérieure en affirmant sa volonté de démolir le bâti, frappé de plusieurs périls, pour supprimer tout risque. Selon la ville, une procédure est en cours pour la saisie du juge judiciaire, avec tous les éléments des experts mandatés. Si l’autorisation de démolir est obtenue, la ville récupérera la somme lors de la vente du terrain. Depuis l’été 2025, la collectivité a dépensé plus de 32 000 euros, dont 21 000 euros pour nettoyer, dépolluer et sécuriser le bâti.
Les inquiétudes persistent malgré les démarches
En attendant que la phase de saisie du juge judiciaire aboutisse, le risque est loin d’être écarté. Un habitant, « pas du tout serein » face au comportement des squatteurs alcoolisés, s’inquiète : « Faudra-t-il qu’un drame se produise avant que la Justice ne s’empare du problème ? » Un retraité ajoute : « Et si demain, la maison est démolie, ce qui reste une belle action, cela n’empêchera pas les intrusions. Cela implique de sécuriser le terrain par une clôture solide tout autour, aussi bien du côté de l’avenue Ritondale que de l’avenue Edith Cavell. »



