Au Cap-Vert, des dizaines d'homosexuels africains tentent de reconstruire leur vie après avoir fui la répression dans leurs pays d'origine. Mais l'île paradisiaque révèle un visage plus sombre pour ces réfugiés, souvent confrontés à la discrimination, à l'isolement et à l'absence de protection juridique.
Un exil forcé
La plupart des réfugiés viennent de pays où l'homosexualité est criminalisée, comme le Nigeria, l'Ouganda ou le Ghana. Selon une étude de l'ONG Human Rights Watch publiée en 2025, plus de 300 personnes LGBT+ ont demandé l'asile au Cap-Vert au cours des trois dernières années. « Je ne pouvais plus vivre caché au Ghana. Ici, au moins, je ne risque pas la prison », témoigne Kofi, un informaticien de 32 ans.
Une hospitalité limitée
Malgré une législation relativement tolérante — l'homosexualité est légale depuis 2004 — la société cap-verdienne reste conservatrice. Les réfugiés subissent souvent le rejet de leur communauté d'accueil et peinent à trouver un emploi. « C'est comme si j'étais prisonnier dans un paradis », confie David, un homosexuel ghanéen. Il vit dans un studio délabré sans accès régulier à l'eau courante.
Un avenir incertain
Les autorités cap-verdiennes, bien que signataires de la Convention de Genève, manquent de moyens pour intégrer ces réfugiés. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), moins de 20 % des demandes d'asile LGBT+ aboutissent à un statut officiel. Les autres vivent dans l'angoisse d'une expulsion vers leur pays d'origine.
Face à cette situation, des associations locales comme « Arco-Íris » tentent de fournir un soutien psychologique et juridique. « Nous faisons de notre mieux, mais les ressources sont limitées », explique Maria Silva, coordinatrice de l'association. L'avenir de ces réfugiés reste suspendu à une amélioration des politiques d'accueil et à un changement des mentalités.



