À l'occasion de la présentation du rapport d'activité 2025 de la société Interparking, qui gère et exploite les parkings Hôtel de Ville, Bastion, Saint-Roch et George V à Menton, les élus du conseil municipal ont soulevé plusieurs points d'insatisfaction. L'opposant Louis Sarkozy a été le premier à signaler un problème majeur : le chiffre d'affaires de 1,432 million d'euros n'a atteint que 95 % du seuil déclenchant le versement d'une redevance à la commune. « La commune a donc perdu plusieurs dizaines de milliers d'euros à cause d'une différence de quelques points », a-t-il déploré, interrogeant la majorité sur une éventuelle modification du contrat de délégation de service public (DSP), qui court jusqu'en septembre 2027.
Un seuil de redevance jugé inique
Le premier adjoint, Jean-Christophe Storaï, a reconnu le caractère « largement inique » de ce seuil. Il a indiqué que la Ville avait convoqué Interparking pour exprimer son mécontentement et que des discussions étaient en cours. Il a également pointé du doigt la hausse « exponentielle » des frais des structures support, qui pénalise chaque année la collectivité. « Ce contrat ne me paraît pas frappé au coin du bon sens », a-t-il ajouté.
L'élu de la majorité a également été interpellé par Cédric Monteiro (Nouvel élan pour Menton) sur les investissements de rénovation et de mise aux normes prévus dans le contrat de 2018. Storaï a promis un « double check » des travaux annoncés, notamment sur le parking Saint-Roch, précisant que la Ville « n’a pas l’habitude d’acheter le lapin dans le sac ».
Vers une reprise en régie ?
La maire, Alexandra Masson, a ouvert la voie à un changement de modèle de gestion. « Depuis le départ, je le dis : à certains moments, la DSP est un très bon système, quand il y a des investissements très lourds que la commune n’est pas en capacité de porter. À l’inverse, quand on arrive à la fin d’une DSP, ça peut être bien de reprendre en régie », a-t-elle expliqué. Elle a clairement indiqué que la question se posait pour les parcs de stationnement : « Il y en a peut-être que l’on peut reprendre en régie pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de la Ville, tandis qu’à d’autres endroits il y aurait des DSP à faire. »
Cette réflexion intervient alors que la fin du contrat avec Interparking approche, et que d'autres communes du département, comme Grasse, ont déjà fait le choix de la régie municipale pour leurs parkings.
La fissure des Sablettes inquiète
Le sujet de la fissure du quai Gordon Bennett, au-dessus du parking souterrain de la vieille ville (esplanade des Sablettes), a également été abordé. Cédric Monteiro a rappelé que les premiers sondages remontent à deux ans et demi, sans qu'aucun compte rendu n'ait été fourni depuis. « Au bout d’un moment, le quai va tomber… », a-t-il alerté.
La maire Alexandra Masson a confirmé que des économies mal inspirées lors de la construction étaient en cause : une solution technique moins coûteuse de 500 000 euros avait été choisie, entraînant aujourd'hui un « décrochage progressif avec enfoncement » entre le quai et le mur. Des expertises sont en cours, mais elles sont longues. La Ville a exploré des techniques de micropieux et d'injection, mais les experts penchent pour des travaux gigantesques. Masson préférerait « une solution plus facile visant à faire remonter la dalle », espérant une résolution dans les trois ou quatre ans.
Le directeur général des services techniques, René Bardyn, a précisé que des sondages complémentaires viennent d'être réalisés et qu’un expert a été nommé par le tribunal pour déterminer les responsabilités quant aux malfaçons. Cédric Monteiro a mis en garde contre le risque sécuritaire, appelant à des mesures compensatoires immédiates avant un point de rupture. Enfin, Alexandra Masson a regretté l’absence de marques de mesure de l’évolution de la fissure, rendant impossible la quantification de son aggravation sur les deux dernières années.



