Violences sexuelles dans l'Église : les associations circonspectes face à ReNaître
Violences sexuelles : les doutes des associations sur ReNaître

Les associations de victimes de violences sexuelles dans l'Église catholique ont exprimé leur circonspection, mardi 11 juin, face à la nouvelle instance d'accompagnement baptisée ReNaître. Cette structure, présentée par la Conférence des évêques de France (CEF) et la Conférence des religieux et religieuses de France (CORREF), vise à offrir un soutien psychologique, juridique et spirituel aux personnes ayant subi des abus au sein de l'institution.

Une annonce accueillie avec prudence

Lors d'une conférence de presse, les représentants des associations ont salué la création de ReNaître, mais ont également fait part de leurs réserves. Selon eux, le dispositif manque de transparence sur son fonctionnement et son indépendance réelle vis-à-vis de la hiérarchie ecclésiastique. Plusieurs voix se sont élevées pour demander des garanties concrètes quant à la prise en charge des victimes et à la non-ingérence de l'Église dans les décisions de l'instance.

Des craintes persistantes

Les associations redoutent que ReNaître ne soit qu'une opération de communication, sans réelle volonté de changer les pratiques. Elles pointent notamment l'absence de représentants des victimes au sein du conseil d'administration de la nouvelle structure. De plus, le choix des membres de l'instance, nommés par les évêques, suscite des interrogations sur leur capacité à agir en toute impartialité.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Face à ces critiques, les responsables de ReNaître ont assuré que l'instance serait indépendante et que ses membres avaient été choisis pour leurs compétences, sans lien direct avec l'Église. Ils ont également promis une évaluation régulière du dispositif, menée par des experts externes.

Un contexte de crise

Cette nouvelle instance intervient dans un climat de défiance envers l'institution catholique, après la publication du rapport Sauvé en 2021 qui estimait à 330 000 le nombre de victimes de violences sexuelles commises par des membres du clergé depuis les années 1950. Les associations réclament depuis des mesures concrètes pour réparer les préjudices subis et éviter de nouveaux abus.

La mise en place de ReNaître est perçue comme une avancée, mais les victimes attendent des actes forts. Certaines associations ont déjà annoncé qu'elles surveilleront de près le fonctionnement de l'instance et n'hésiteront pas à dénoncer d'éventuelles dérives.

En conclusion, si la création de ReNaître est un pas dans la bonne direction, elle ne dissipe pas toutes les inquiétudes. Les associations de victimes restent vigilantes et exigent une transparence totale pour que cette instance ne soit pas un simple écran de fumée.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale