Une vague de chaleur précoce inquiète les parents d'élèves
À Paris et en Île-de-France, la semaine s'annonce particulièrement chaude, avec des températures dépassant les 35 degrés dans l'après-midi. Face à ce dôme de chaleur, les parents d'élèves rencontrés ce mardi matin ou lors de la pause déjeuner oscillent entre inquiétude et fatalisme. Si certains tentent de relativiser, d'autres pointent du doigt des conditions d'accueil insuffisantes dans les écoles.
Des gestes de bon sens pour affronter la chaleur
À l'école Belliard, dans le XVIIIe arrondissement, Tim accompagne sa petite-fille de 7 ans chaque matin. Ce mardi, il a ajouté quelques précautions : « Je lui ai mis un short, elle a aussi sa casquette et une gourde avec un peu de sirop pour qu'elle ait du sucre. » Comme lui, de nombreux parents ont glissé une gourde dans le cartable de leurs enfants. Rachid, père de Mina, 11 ans, relativise : « Tant que les enfants s'hydratent, ça va. De toute façon, il doit faire aussi chaud ici qu'à la maison. »
L'école Belliard, avec sa façade en briques et son exposition plein nord, semble plutôt bien lotie. Une employée chargée de l'accueil précise : « Dans les salles de classe, on n'a pas la clim mais on a des ventilos et des doubles rideaux pour isoler. » Benjamin, père de Mona, 7 ans, craint surtout les nuits difficiles : « On s'adapte… De toute façon, il va falloir qu'on s'habitue à ce que ces vagues de chaleur soient de plus en plus régulières. »
Des écoles inadaptées : le cri d'alarme des parents
En petite couronne, à Pantin (Seine-Saint-Denis), certains parents se montrent plus inquiets. Ariane, mère de deux enfants scolarisés en primaire et maternelle, dénonce : « Les écoles ne sont pas du tout adaptées. On ne propose que des solutions à court terme, comme des ventilateurs, mais c'est complètement insuffisant. » Elle souligne que dans la classe de son aîné, certains volets ne fonctionnent pas, rendant impossible l'obtention d'ombre. « On a vraiment besoin d'un plan sur le long terme pour adapter les bâtiments. »
Elle évoque également les cours de récréation bitumées qui captent la chaleur : « C'est clairement un scandale, il faudrait des cours oasis partout. » Dans la capitale, on compte désormais 203 cours de récréation dites « oasis », rénovées pour enlever le bitume et ajouter de la végétalisation. La Ville prévoit d'en compter 360 d'ici 2030.
Aucune fermeture d'école prévue
Ce mardi, le ministre de l'Éducation nationale a indiqué qu'aucune fermeture d'école n'était prévue, mais uniquement des mesures de « bon sens » rappelées aux responsables d'établissement. Lors de la sortie à l'heure du déjeuner, la responsable de l'école maternelle Sextius Michel à Paris (XVe) rappelle les consignes à un père : « S'il a des sandales ce serait mieux que les baskets avec des chaussettes et s'il peut prendre une casquette, ce serait bien aussi. »
Devant l'élémentaire Rouelle, Matéo, élève de CE2, annonce qu'il va enfiler un débardeur. Mini-ventilateur rechargeable à la main, il reconnaît que la matinée s'est plutôt bien passée « même si on a très chaud en classe ». Son père Clément commente : « C'est compliqué dans ces bâtiments anciens où il fait froid l'hiver et chaud l'été. Mais on a de la chance, sa mère est assistante maternelle et on a la climatisation à la maison. »
Un appel à la « protection collective »
Dans un communiqué, l'antenne locale du syndicat SUPAP-FSU appelle la mairie de Paris à installer immédiatement des mesures de « protection collective » partout, plutôt que de prodiguer « des messages de bonnes conduites ». Parmi les revendications : l'installation de stores, de volets, des ventilateurs, des bouteilles d'eau fraîche à disposition ou encore des climatiseurs mobiles pour « garantir des pièces de repli climatisées ». Le syndicat insiste : « Si des travaux massifs d'isolation thermique et de végétalisation sont nécessaires, il y a urgence à climatiser une partie des services publics parisiens » pour protéger la santé des enfants et du personnel.



