Vaccin Ixchiq contre le chikungunya : des effets indésirables graves recensés en France
Une vingtaine de cas d'effets indésirables graves liés au vaccin Ixchiq contre le chikungunya ont été recensés depuis le début de son utilisation, a indiqué ce lundi 23 mars 2026 l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Aucun nouveau décès n'a été enregistré, mais ces signalements soulèvent des questions sur la sécurité de ce produit.
Bilan détaillé des effets indésirables
Depuis le lancement de la vaccination, 62 cas d'effets indésirables ont été déclarés sur le territoire français, dont 21 cas qualifiés de graves. Sur la période du 2 juin au 31 août 2025, l'ANSM a noté 15 nouveaux cas, incluant trois cas graves. Ces nouveaux signalements résultent de déclarations tardives concernant des vaccinations effectuées avant fin avril 2025, époque à laquelle les injections pour les seniors avaient été suspendues.
Le vaccin Ixchiq, développé par le laboratoire Valneva, est l'un des rares disponibles contre le chikungunya, une maladie virale transmise par le moustique tigre et provoquant fièvres et douleurs articulaires sévères. Cependant, son déploiement a été marqué par plusieurs difficultés en 2025.
Suspensions et contre-indications
En 2025, le vaccin a fait face à des suspensions significatives. Aux États-Unis, sa licence a été suspendue fin août après quatre nouveaux cas d'effets indésirables graves, dans un contexte de scepticisme vaccinal accru sous l'administration Trump. En France, le déploiement a été perturbé, notamment outre-mer, suite à plusieurs signalements d'effets graves chez des personnes âgées, avec au moins un décès rapporté à La Réunion, département frappé par une épidémie majeure de chikungunya début 2025.
En conséquence, la France a rapidement suspendu l'utilisation du vaccin pour les plus de 65 ans, une mesure suivie par l'Union européenne. Bien que l'UE ait réautorisé le vaccin en juillet 2025, estimant que les bénéfices contre la maladie, particulièrement risquée pour les seniors, l'emportaient sur les risques, la France a maintenu la contre-indication pour cette tranche d'âge en attendant une nouvelle évaluation prévue début 2026.
Risques spécifiques et surveillance accrue
L'ANSM rappelle que le vaccin Ixchiq est également contre-indiqué pour les personnes au système immunitaire affaibli, suite à un nouveau cas de mésusage chez un patient immunodéprimé. De plus, un risque rare d'encéphalopathie et d'encéphalite a été identifié pour les seniors atteints de maladies associées, avec trois cas signalés et confirmés par une évaluation européenne, désormais mentionné sur la notice du produit.
En parallèle, le risque potentiel de méningite aseptique post-vaccination, initialement observé chez les seniors, est maintenant surveillé pour les jeunes adultes en bonne santé après un cas rapporté. Ces développements soulignent l'importance d'une vigilance continue dans la pharmacovigilance.
En résumé, bien que le vaccin Ixchiq représente un outil crucial dans la lutte contre le chikungunya, les signalements d'effets indésirables graves et les suspensions successives mettent en lumière les défis de sa mise en œuvre. Les autorités sanitaires continuent de surveiller étroitement la situation pour assurer la sécurité des patients tout en maximisant les bénéfices de la vaccination contre cette maladie virale en expansion.



