La HAS dénonce des pressions de l'industrie pharmaceutique sur le déremboursement de médicaments
Pressions de l'industrie pharmaceutique dénoncées par la HAS

La Haute autorité de santé dénonce des pressions d'industriels contre le déremboursement de médicaments

Dans une tribune publiée ce lundi 13 avril 2026 dans Les Échos, des membres de la Haute autorité de santé (HAS) ont alerté sur des pressions récurrentes exercées par l'industrie pharmaceutique. Ces tentatives visent, selon ces scientifiques, à influencer leur décision quant à l'éventuel remboursement de médicaments par la Sécurité sociale.

Une accélération des pressions excessives

La Haute autorité de santé, qui évalue les médicaments et les dispositifs médicaux en vue d'un éventuel remboursement, a dénoncé une accélération des pressions excessives de certains industriels sur des dossiers en cours d'évaluation. Certains acteurs cherchent à exercer des pressions notamment sur des dossiers en cours d'évaluation en imposant un récit fondé sur l'émotion plutôt que sur les preuves, écrivent les huit membres du Collège de la HAS, son principal organe décisionnel.

Des méthodes variées pour influencer les décisions

Le président de la HAS, Lionel Collet, a précisé que les industriels, surtout du médicament, mais aussi un peu des dispositifs médicaux, cherchent à peser sur cette évaluation au travers de sociétés savantes, d'associations de patients, voire auprès de l'exécutif. Il a déploré une tendance qui s'accélère depuis quelques mois. Il y a un an, un industriel en désaccord avec une de nos évaluations n'a pas hésité à écrire au Président de la République, avec copie au Premier ministre, à trois ministres, a-t-il relaté, évoquant un changement de mentalité.

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Menace de révéler les noms des entreprises concernées

Lionel Collet a ajouté que certaines entreprises respectent des règles de bonne conduite, tandis que d'autres cherchent à s'en affranchir tranquillement. Sans citer de noms, il s'est réservé la possibilité de les dévoiler dans une démarche de name and shame si la tendance devait se poursuivre. Ces comportements touchent aussi bien des entreprises avec des chiffres d'affaires de quelques milliards d'euros que des groupes générant des dizaines de milliards d'euros, pointant une culture d'établissement et une manière de fonctionner problématique.

Une approche financière croissante

Selon le président de la HAS, il est indiscutable qu'il y a une approche beaucoup plus financière de la part d'industriels depuis une dizaine d'années. Il a affirmé qu'il interrogerait ses homologues européens pour déterminer s'ils rencontraient une situation similaire, afin de voir si le prix du médicament en France, jugé trop bas par les entreprises, contribue à accentuer la pression sur la HAS.

Protéger l'indépendance de la structure

Il y a un moment où trop, c'est trop : Lionel Collet a jugé que ces pressions deviennent vraiment excessives et qu'il faut protéger la structure pour qu'elle puisse travailler sereinement, sans risquer d'être influencée à surestimer la valeur réelle d'un médicament. Il ne faut pas oublier qu'au bout du compte, c'est l'assurance maladie qui paye si un produit de santé est pris en charge, a-t-il souligné, rappelant le rôle crucial de cette instance publique indépendante dans la gestion des dépenses de santé.

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