Premier cas d'Ebola en France : un médecin humanitaire testé positif
Premier cas d'Ebola en France : un médecin humanitaire testé positif

Un premier cas de maladie à virus Ebola a été identifié sur le territoire français, a annoncé le ministère de la Santé ce mercredi 24 juin 2026. Il s'agit d'un médecin humanitaire de l'ONG Alima, de retour de République démocratique du Congo (RDC), où sévit une importante épidémie. Le patient, qui présente une charge virale « très faible », a été immédiatement isolé et pris en charge dans un établissement de santé spécialisé, selon les autorités.

Un médecin de retour de RDC contaminé

Le ministère de la Santé a confirmé dans un communiqué « l'identification d'un premier cas positif de maladie à virus Ebola sur le territoire national ». Le patient est un médecin de l'ONG Alima, qui était « de retour d'une des zones de circulation du virus en RDC », où la fièvre hémorragique frappe sévèrement. Selon le ministère, le médecin « a embarqué sur un avion de ligne depuis Kinshasa en étant quasi asymptomatique - céphalées ». Il présentait seulement des maux de tête, puis son état s'est « légèrement dégradé pendant le vol ». Il est arrivé à Paris mardi.

De son côté, l'ONG Alima a indiqué chercher à « comprendre comment la contamination a pu avoir lieu », alors que les travailleurs humanitaires sont normalement soumis à une quarantaine de trois semaines après contact avec des cas infectés. « Les conditions de prévention de contamination ont été mises en place depuis le début de notre intervention pour préserver nos équipes », a assuré Alima dans un communiqué.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Prise en charge dans un établissement spécialisé

Dès son retour en France, le médecin a été « immédiatement pris en charge dans un établissement spécialisé », a précisé le ministère, sans divulguer sa localisation. L'homme se trouve « dans un état stable ». « Toutes les mesures de précaution ont été prises dès son arrivée sur le territoire », a déclaré le ministère. Le patient a été isolé « dès son arrivée » et transféré « dans des conditions sécurisées afin d'éviter tout risque de contamination » dans un « établissement de santé de référence », où il est pris en charge « selon des protocoles stricts de sécurité biologique ».

Plus précisément, le médecin humanitaire a été placé dans une « chambre à double flux », c'est-à-dire à ventilation autonome, dotée d'équipements selon des « protocoles dédiés », comme c'est le cas pour les patients atteints d'une « maladie infectieuse hautement transmissible ».

Charge virale très faible et identification des cas contact

Le médecin diagnostiqué a une charge virale « très faible », a assuré le ministère de la Santé. Les personnes ayant éventuellement été en contact avec ce patient – qui a voyagé sur le vol Air France AF736 Kinshasa - Paris selon « Ouest-France » – sont « en cours d'identification ». Elles seront soumises à un isolement à domicile de trois semaines sous « surveillance attentive ».

La situation est suivie « de très près » par le Premier ministre, et les autorités sanitaires sont « pleinement mobilisées » avec un « suivi permanent », selon le ministère. « Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a jugé faible le risque d'infection pour les résidents européens et les voyageurs se rendant en zone de circulation active, et très faible pour la population générale européenne », a rappelé le ministère. Les experts estiment largement que le risque de transmission reste faible en raison du caractère relativement peu contagieux du virus Ebola.

Premier cas diagnostiqué en France

C'est la première fois qu'un cas d'Ebola est diagnostiqué en France. Lors de l'épidémie majeure du milieu des années 2010 en Afrique de l'Ouest, deux cas avaient été présents sur le territoire français, mais seulement après avoir été diagnostiqués à l'étranger. En revanche, plusieurs cas avaient été diagnostiqués aux États-Unis et au Royaume-Uni chez des patients de retour de zones épidémiques, sans donner lieu à une propagation durable.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Ce cas français est le premier identifié hors du continent africain pour cette épidémie qui frappe aussi l'Ouganda, et met en jeu une souche rare du virus, dite Bundibugyo, contre laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique. L'OMS avait indiqué mi-juin que la transmission de l'épidémie s'accélère en RDC malgré le renforcement des mesures de riposte sanitaire. Selon les chiffres officiels, 896 cas ont été recensés, dont 232 décès, mais de nombreux experts jugent probable que l'ampleur soit sous-estimée, l'épidémie frappant des régions très reculées.