Maxence Lacroix : le défenseur patient devenu international français
Maxence Lacroix : le défenseur patient devenu international

Maxence Lacroix, 26 ans, compte quatre sélections en Bleu. Sera-t-il aligné lors du troisième match de poule face à la Norvège, ce vendredi soir en Coupe du monde ? Le défenseur central de Crystal Palace fait partie des nouveaux visages de cette Équipe de France, des noms pas encore familiers au grand public, qui suit surtout les grands rassemblements.

Un parcours hors des sentiers battus

Contrairement à beaucoup de ses coéquipiers, Lacroix n'évolue pas dans un club du Top 10 européen ni en Ligue des champions. Pourtant, Didier Deschamps n'a pas hésité à l'intégrer dans sa liste, convaincu par une tournée américaine en mars qui laissait présager de belles choses. À 26 ans, le défenseur central n'est plus un débutant et s'est fait un nom en Allemagne puis en Angleterre ces six dernières années.

Comme ses aînés Marcus Thuram (28 ans) et Ibrahima Konaté (27), Lacroix a été formé dans la pépinière de Sochaux. Le natif du Val-de-Marne y apprend le métier dès 15 ans. « À l'époque, je vois un garçon de 15 ans très intelligent et bien éduqué arriver, se souvient Freddy Vandekerkhove, team-manager du club. Il était ouvert, intéressant et capable d'aborder différents sujets de discussion… Ce n'est pas toujours évident pour un jeune joueur. Il dénotait un peu. »

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Une progression par étapes

Très croyant et féru de lecture, Lacroix se rend à la messe et dévore des livres loin du terrain. Discret mais à l'aise, il met du temps à basculer chez les pros. Avec le passage du club sous pavillon basque, l'effectif s'internationalise et les résultats ne suivent pas. Son premier match avec les pros tombe fin 2018, en Coupe de France.

« Je l'ai eu avec la réserve et ensuite avec les pros, situe Omar Daf, ex-coach sochalien. Il a été remplaçant les six premiers mois, mais après c'était parti. Il avait déjà la puissance et la vitesse, il fallait qu'il progresse dans la relance et le jeu de tête. Mais Max dégageait beaucoup de maturité. »

Une punition fondatrice

« Le contexte n'était pas évident, indique Vandekerkhove, au club depuis les années 2000. Il faisait partie des rares Français de l'effectif et il avait pris une suspension interne après une petite bêtise, qui restera en interne (sourire). Il a fait un passage en réserve qui l'a marqué : il est revenu encore plus fort, dans sa tête il était blindé. »

Notamment pour affronter le confinement, seul dans son appartement près du stade Bonal. « Il m'a demandé de travailler avec lui sur la vidéo, relate Omar Daf. Il voulait débriefer ses matchs. » Pendant le Covid, il s'est fait livrer un vélo d'appartement et a demandé les clés d'un terrain pour travailler de son côté. Sans oublier les autres : « Un jour, il m'appelle et me demande ce qu'il peut faire comme bonne œuvre, témoigne le team-manager. Derrière, il a fait livrer des pizzas pour tous les services de l'hôpital du coin. Il a bon cœur, il aura toujours un message sympa pour la famille ou le club. »

L'envol vers l'Angleterre

Dans le Doubs, le défenseur dispute 27 matchs de L2 en deux saisons et prend du galon avant l'envol. « On n'a jamais dit “Max, c'est une pépite”. Il a vraiment passé les étapes petit à petit, observe Thomas Robinet, ex-coéquipier aujourd'hui à Dunkerque (L2). C'est devenu une bête, une machine. On n'arrive pas vraiment à fixer sa limite, on ne sait pas où ça va s'arrêter ! Malgré ça il est très naturel et tranquille. »

Et accessoirement international français. Depuis 2024, il évolue à Crystal Palace, où il continue de progresser. Sa sélection en Bleu, après une tournée américaine prometteuse, marque une nouvelle étape dans une carrière bâtie patiemment.

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