Étienne Pot promet l'indépendance de Santé publique France
Pot promet l'indépendance de Santé publique France

Étienne Pot, médecin de santé publique addictologue pressenti par le gouvernement pour diriger Santé publique France (SPF), a déclaré mardi devant les parlementaires que l'indépendance scientifique de l'agence est «fondamentale». Cette déclaration intervient alors que des salariés et experts s'inquiètent d'une reprise en main de l'agence par le gouvernement.

Audition consultative devant la commission des Affaires sociales

Étienne Pot, qui était jusqu'à présent délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement, a été auditionné à titre consultatif par la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. Le directeur général de Santé publique France est nommé par décret gouvernemental. Interrogé sur ce qu'il ferait si le gouvernement lui demandait de ne pas publier une étude, il a répondu qu'il se «battrait», tout en se disant convaincu que «jamais le gouvernement (actuel) ne ferait une telle demande».

Inquiétudes sur une reprise en main

Depuis fin janvier, l'annonce du transfert de certaines missions de SPF (campagnes de prévention, gestion de la réserve sanitaire et des stocks stratégiques) principalement au ministère de la Santé suscite des inquiétudes. Le député Hendrik Davi (groupe écologiste) a déploré pendant l'audition que «depuis plusieurs mois, le gouvernement organise une restructuration de l'agence appuyée sur des missions Igas (rapports administratifs) […] ce qui aura pour conséquence d'affaiblir son autonomie et de réduire son indépendance scientifique».

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Sanctuariser les missions de SPF

Étienne Pot a indiqué qu'il pensait pouvoir «sanctuariser» les missions de «surveillance, de prévention, et de promotion de la santé» de Santé publique France et qu'il promouvrait une communication «qui soit aussi plus claire, parfois plus concise, parce qu'on vit à une période qui est très accélérée, à tout niveau».

Sur la canicule par exemple, Santé publique France a plutôt vocation à s'intéresser, plus qu'aux mesures de prévention face à la chaleur, aux «indicateurs et aux données» permettant d'apprécier la situation, a-t-il expliqué. «Pourquoi y a-t-il des îlots de chaleur par endroits ? Est-ce qu'on peut faire remonter une mortalité qui prenne plus en compte le bâti par exemple ?», a-t-il suggéré. «Pourquoi a-t-on près de 40 % des certificats de décès qui sont encore sous forme papier ? […] Je vais me pencher (sur le sujet) parce que ça impacte nos indicateurs et les remontées d'indicateurs de mortalité», a-t-il encore ajouté.

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