Alors que les opérations se poursuivent en forêt de Fontainebleau pour contenir les reprises de feu ce mercredi 15 juillet, un pompier volontaire a reconnu en garde à vue avoir mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l’essence à Arbonne-la-Forêt. Le psychiatre Pierre Lamothe, expert auprès des tribunaux, décrypte les ressorts de la pyromanie.
Un cycle caractéristique
Selon le Dr Lamothe, le pompier pyromane s'inscrit dans un cycle « excitation/destruction/rédemption ». Il explique : « Le passage à l'acte est précédé d'une montée d'excitation, puis la destruction apporte une satisfaction immédiate, suivie d'un sentiment de culpabilité et d'un besoin de rédemption, souvent en participant aux secours. » Ce mécanisme psychologique complexe pousse certains pompiers à allumer des feux pour ensuite les éteindre et se sentir utiles.
Des chiffres alarmants
D’après le ministère de la Transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche, 9 feux sur 10 sont d’origine humaine, la seule cause naturelle étant la foudre. Parmi les feux dont l’origine est connue, environ un tiers des incendies est volontaire, un autre tiers est causé par des accidents (voiture en feu le long d’une route, etc.), un dernier tiers est dû à des négligences (jet de mégot, barbecue, etc.).
Profil type du pyromane
Le Dr Lamothe précise que les pyromanes ne sont pas toujours des pompiers, mais que la profession attire certains profils. « Il y a une fascination pour le feu, un besoin de contrôle et de puissance. Le pompier pyromane cherche aussi à être au cœur de l'action, à jouer un rôle héroïque. » Il ajoute que ces personnes souffrent souvent de troubles de la personnalité et d'un manque d'estime de soi.
Conséquences judiciaires et psychiatriques
Le pompier volontaire d'Arbonne-la-Forêt a été placé en garde à vue et pourrait faire l'objet d'une expertise psychiatrique. Le Dr Lamothe souligne l'importance de détecter ces comportements précocement : « Il faut former les cadres des services d'incendie à repérer les signes avant-coureurs, comme une curiosité excessive pour les incendies ou une tendance à s'attarder sur les lieux. »
Cet incident rappelle que la pyromanie est un trouble grave qui nécessite une prise en charge spécialisée. Les autorités appellent à la vigilance et rappellent que tout feu de forêt est un acte dangereux, qu'il soit volontaire ou non.



