Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a annoncé ce 15 juillet que le taux de rémunération du Livret A sera relevé à 1,7% à compter du 1er août 2026, tandis que celui du Livret d'épargne populaire (LEP) est maintenu à 2,5%.
Une hausse du Livret A conforme aux prévisions
Cette décision, prise après consultation de la Banque de France, suit la formule de calcul semestrielle basée sur l'inflation et les taux interbancaires. Le taux du Livret A, qui était de 1,5% depuis février 2026, augmente donc de 0,2 point de pourcentage. Selon le ministre, cette hausse « permet de préserver le pouvoir d'achat des épargnants tout en maintenant un coût raisonnable pour le financement du logement social ».
Le taux du Livret A est traditionnellement utilisé comme référence pour d'autres produits d'épargne réglementée, comme le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d'épargne entreprise (LEE), qui suivent la même évolution.
Le LEP maintenu à un niveau attractif
Le LEP, réservé aux ménages modestes sous conditions de revenus, conserve son taux de 2,5%, inchangé depuis février 2026. Ce taux est supérieur à l'inflation, qui s'établissait à 2,1% en juin 2026. Roland Lescure a souligné que « le LEP reste le placement le plus rémunérateur pour les Français aux revenus modestes, avec un rendement réel positif ».
Environ 11 millions de Français sont éligibles au LEP, mais seulement 7 millions en détiennent un. Le gouvernement encourage les personnes éligibles à ouvrir ce livret, qui offre un taux d'intérêt net d'impôt et de prélèvements sociaux.
Impact sur l'épargne des Français
Avec cette hausse, le Livret A rapportera 17 euros par an pour un dépôt de 1 000 euros, contre 15 euros auparavant. Pour un encours moyen de 5 000 euros, le gain annuel passe de 75 à 85 euros. Le LEP, avec un plafond de 7 700 euros, offre un rendement annuel maximal de 192,5 euros.
Les associations de consommateurs ont salué la hausse du Livret A, mais regrettent que le LEP ne soit pas revalorisé. « Le maintien du LEP à 2,5% est une bonne nouvelle, mais compte tenu de l'inflation, une hausse aurait été justifiée », a déclaré une porte-parole de l'UFC-Que Choisir. De son côté, la Fédération bancaire française a estimé que ces taux « restent cohérents avec la politique monétaire de la Banque centrale européenne ».
Conséquences pour le logement social
Les fonds collectés via le Livret A sont centralisés par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) et servent en grande partie à financer le logement social via les prêts aux organismes HLM. Une hausse du taux se traduit par un coût plus élevé pour ces organismes, mais le ministre a assuré que « l'impact sera limité et compensé par d'autres mesures ».
La décision intervient alors que le gouvernement prépare le budget 2027, qui devra intégrer les conséquences de ces taux sur le coût du financement du logement social et sur le pouvoir d'achat des ménages.



