Présidentielle 2027 : le RN se divise sur le voile, Marine Le Pen envisage un référendum
RN divisé sur le voile : Le Pen envisage un référendum

À moins de deux ans de l'élection présidentielle de 2027, le Rassemblement national (RN) est secoué par un débat interne sur la question du voile. Marine Le Pen, candidate présumée du parti, a surpris son camp en évoquant la tenue d'un référendum sur l'interdiction du voile dans l'espace public, une proposition qui divise profondément les cadres du mouvement.

Une proposition choc de Marine Le Pen

Lors d'une réunion interne tenue le 14 juillet 2026, Marine Le Pen a déclaré : « Je pense qu'il est temps de trancher cette question par la voie démocratique. Un référendum permettrait aux Français de décider s'ils souhaitent interdire le voile dans tous les espaces publics. » Cette annonce a immédiatement suscité des réactions contrastées au sein du parti. Selon une source proche de la présidente du RN, cette proposition vise à « clarifier la position du mouvement sur la laïcité et à répondre aux attentes des électeurs ». Un sondage Ifop réalisé en juin 2026 indique que 62 % des Français seraient favorables à une interdiction du voile dans l'espace public, un chiffre qui monte à 81 % parmi les sympathisants RN.

Jordan Bardella en désaccord

Jordan Bardella, président du parti et tête de liste aux européennes de 2024, a rapidement pris ses distances. Interrogé sur France 2 le 15 juillet, il a affirmé : « Je ne suis pas favorable à une interdiction générale du voile. Cela reviendrait à stigmatiser des millions de femmes et à créer des tensions inutiles. Il faut plutôt se concentrer sur les lieux où la laïcité est menacée, comme les écoles et les administrations. » Cette prise de position a créé une onde de choc, Bardella étant perçu comme le dauphin potentiel de Le Pen. Un cadre du RN, sous couvert d'anonymat, confie : « Jordan a raison sur le fond, mais il donne l'impression de ne pas être en phase avec Marine. Cela affaiblit notre image d'unité. »

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Les divisions internes s'accentuent

D'autres figures du RN ont pris parti. Éric Ciotti, ancien président des Républicains rallié au RN, a soutenu la proposition de référendum, estimant que « le voile est un symbole de l'islam politique qu'il faut combattre ». À l'inverse, la députée européenne Marie Dauchy a jugé la proposition « dangereuse », car elle « pourrait diviser la société et donner des armes à nos adversaires ». Le débat a également gagné les rangs des militants. Sur les réseaux sociaux, des groupes pro et anti-référendum s'affrontent, certains accusant Bardella de « trahir les valeurs du parti ». Selon un sondage interne réalisé par le RN auprès de ses adhérents, 55 % se disent favorables à un référendum, 30 % y sont opposés et 15 % sont indécis.

Un enjeu stratégique pour 2027

Cette division intervient alors que Marine Le Pen cherche à élargir sa base électorale en vue de 2027. Un référendum sur le voile pourrait lui permettre de capter des voix à droite et à l'extrême droite, mais risque de braquer les électeurs modérés. Pour l'instant, aucune décision officielle n'a été prise. Le bureau exécutif du RN doit se réunir le 22 juillet pour débattre de la question. Marine Le Pen a précisé qu'elle consultera « l'ensemble des instances avant de prendre une décision ». En attendant, le parti tente de gérer la crise en interne. Le porte-parole, Julien Odoul, a appelé au calme : « Nous sommes un grand parti démocratique, les débats sont sains. L'important est de rester unis pour gagner en 2027. »

Les réactions politiques

Les autres partis politiques ont sauté sur l'occasion pour critiquer le RN. Le Premier ministre, Gabriel Attal, a dénoncé « une manœuvre électoraliste » et rappelé que « la laïcité n'est pas un sujet de référendum mais de loi ». De son côté, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a qualifié la proposition de « dangereuse et liberticide ». Le débat sur le voile promet donc d'être l'un des thèmes centraux de la campagne présidentielle, et le RN devra trouver une position commune s'il veut éviter de donner l'image d'un parti divisé.

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