Une tragédie qui relance l'alerte sur les injections clandestines
Lundi 27 juillet 2026, une jeune femme de 25 ans a perdu la vie après un malaise dans un salon de beauté à Nice, à la suite d'une injection esthétique. Le parquet a ouvert une enquête pour exercice illégal de la médecine et homicide involontaire. Cette affaire a provoqué une vive réaction du monde médical, en particulier du Dr Eric Essayagh, médecin esthétique niçois et coprésident du Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique.
Le cri d'alarme du Dr Essayagh
Dans une déclaration publique, le Dr Essayagh a dénoncé avec fermeté ce qu'il appelle le « marché clandestin » des injections esthétiques. Selon lui, « une injection esthétique est un acte médical qui exige une formation, une parfaite connaissance de l'anatomie et la capacité de prendre immédiatement une complication ». Il estime que plus de 40 % des injections esthétiques en France sont réalisées en dehors de tout cadre médical, souvent dans des appartements ou des instituts sans contrôle.
Le médecin s'inquiète particulièrement du recrutement via les réseaux sociaux : « Les réseaux clandestins continuent de recruter sur les réseaux sociaux et de mettre des patients en danger. » Il appelle à une action urgente des pouvoirs publics pour renforcer les contrôles, assécher les filières d'approvisionnement et permettre aux patients d'identifier les praticiens qualifiés.
Un business juteux et dangereux
Le phénomène des injections illégales n'est pas nouveau. En mars 2026, un cabinet d'esthétique clandestin avait été démantelé à Nice, générant jusqu'à 10 000 € par jour. En 2025, le tribunal correctionnel de Grasse avait condamné deux prévenues à huit mois de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour des injections illégales pratiquées dans l'arrière-boutique d'un salon d'esthétique.
Le Dr Essayagh rappelle que ces pratiques frauduleuses mettent en danger la santé publique. « Chaque nouveau drame est un drame de trop », insiste-t-il. « Nous ne pouvons pas attendre un troisième décès pour considérer qu'il y a une urgence de santé publique. »
Des mesures insuffisantes selon les professionnels
Le cadre réglementaire actuel, selon le Dr Essayagh, n'est pas suffisant pour endiguer le fléau des « fake injectors ». Il exhorte les autorités à « accélérer la lutte contre ces pratiques illégales, de renforcer les contrôles, d'assécher les filières d'approvisionnement et de permettre aux patients d'identifier immédiatement les praticiens réellement qualifiés ».
Le Cercle des bonnes pratiques en médecine esthétique, qu'il copréside, condamne « avec la plus grande fermeté les pratiques frauduleuses qui n'ont rien à voir avec la médecine ». L'organisation appelle à une meilleure information du public et à une répression plus sévère des contrevenants.
Un appel à la vigilance
En attendant les résultats de l'enquête, le Dr Essayagh rappelle aux patients de toujours vérifier les qualifications du praticien avant toute injection esthétique. « Seuls les médecins formés et habilités peuvent pratiquer ces actes en toute sécurité », conclut-il.



