La Principauté de Monaco affiche un taux de 27,3 % de population âgée de plus de 65 ans en 2025, un chiffre qui place le vieillissement au cœur des priorités de santé publique depuis 2005. Face à cette réalité démographique, le gouvernement a déployé une filière complète d'accompagnement, coordonnée par le Centre de Coordination Gérontologique de Monaco (CCGM). Christophe Robino, conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la Santé, détaille les cinq axes stratégiques qui structurent la politique du « bien vieillir » en Principauté.
Une approche intégrée du vieillissement depuis 2005
Dès 2005, les autorités monégasques ont inscrit la problématique du vieillissement parmi les priorités de santé publique. Cette anticipation a permis de mettre en place une politique du « bien vieillir » qui privilégie une approche intégrée, associant prévention, coordination des acteurs, soutien à l'autonomie et adaptation progressive de l'offre de soins. Le CCGM joue un rôle central dans l'organisation et la coordination de cette filière gérontologique sur le territoire.
Favoriser le maintien à domicile et préserver l'autonomie
Le maintien à domicile constitue l'axe central de la politique gouvernementale. Des aides et des dispositifs d'accompagnement sont proposés afin de permettre aux personnes âgées de vivre le plus longtemps possible dans leur environnement habituel, tout en tenant compte de leur niveau d'autonomie et de leurs besoins. Cette approche vise à préserver l'autonomie des seniors tout en adaptant le soutien à leur situation individuelle.
Organiser une offre de soins et d'hébergement adaptée
Le territoire dispose d'une filière gérontologique hospitalière de 210 lits au sein du Centre Rainier III. Deux structures de type EHPAD complètent cette offre : la Résidence A Qietüdine, qui accueille des personnes présentant une perte d'autonomie modérée, et la Résidence du Cap Fleuri, destinée aux personnes âgées dépendantes dont l'état de santé est stabilisé. Cette organisation permet de répondre aux différents niveaux de dépendance de manière graduée.
Garantir un soutien financier à la dépendance
La Principauté privilégie un modèle de prise en charge protecteur, fondé sur le financement de la dépendance par une prestation d'autonomie. Le plafond de cette prestation est révisé chaque année, et les plans d'aide sont établis par le Centre de Coordination Gérontologique afin d'adapter le soutien aux besoins des bénéficiaires. Ce dispositif assure une prise en charge financière adaptée à chaque situation.
Reconnaître et soutenir les proches aidants
La création en juin dernier d'un statut de proche aidant témoigne de la reconnaissance du rôle essentiel des familles et de l'entourage dans l'accompagnement quotidien des personnes âgées. Ce statut sera complété prochainement par le dépôt d'un projet de loi visant à mettre en place en Principauté un dispositif de relayage, inspiré de l'expérience canadienne. Cette mesure vise à soutenir les aidants dans leur mission souvent éprouvante.
Renforcer et adapter l'offre de soins
L'allongement de l'espérance de vie va générer une hausse structurelle et durable du nombre de personnes en perte d'autonomie, tant à domicile qu'en institution. Le gouvernement s'attache à renforcer l'offre de soins en ville, en densifiant le maillage médical et en créant le dispositif Médecins de Garde Monaco, qui évite notamment un déplacement nocturne aux urgences. Parallèlement, différents scenarii sont à l'étude : l'extension de la résidence A Qietüdine, l'éventuelle réorganisation de la filière gériatrique à l'occasion de la livraison de la phase 2 du Nouveau Centre Hospitalier Princesse Grace, ainsi que la possibilité de construire un établissement sur les surfaces libérées par l'ancien hôpital, notamment pour augmenter la capacité en unités de soins longue durée (USLD). Ces projets visent à anticiper les besoins futurs d'une population vieillissante.