Médecine : 1.341 postes d'internes supplémentaires en 2026
Médecine : 1.341 postes d'internes en plus en 2026

Le ministère de la Santé a annoncé mercredi 6 août 2026 une hausse historique du nombre de postes d'internes en médecine pour la rentrée de novembre. La nouvelle promotion comptera 10.260 postes, contre 8.919 en 2025, soit une augmentation de 15 % et 1.341 postes supplémentaires. Cette progression est présentée comme « l'un des premiers effets concrets de la suppression du numerus clausus, décidée en 2019 », avec l'objectif de « former davantage de médecins ».

Une progression historique saluée par le ministère

Les internes sont des étudiants de troisième cycle, à partir de la septième année, qui exercent à plein temps à l'hôpital ou en ville. Pour accéder à l'internat, les étudiants passent un concours en sixième année afin de choisir leur future spécialité et la ville où ils l'effectueront. Cette année, la priorité est donnée à la médecine générale, avec 4.070 postes, soit une hausse de 13,3 % par rapport à 2025. Cette spécialité représente 40 % du total de la promotion, traduisant selon le ministère « la priorité donnée au renforcement de l'offre de soins de premier recours ».

D'autres spécialités en tension voient également leurs effectifs augmenter de manière significative. La dermatologie gagne 130 postes (+25 %), la pédiatrie 468 (+20,3 %), la gynécologie-obstétrique 275 (+20,1 %), la médecine d'urgence 545 (+19,8 %), la gériatrie 212 (+19,8 %), la médecine cardiovasculaire 232 (+19,6 %) et la psychiatrie 665 (+18,1 %). Ces disciplines sont celles « les plus confrontées aux tensions démographiques ou aux grands enjeux de santé publique », précise le ministère.

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Des efforts ciblés sur les territoires en difficulté

Le gouvernement assure également mettre l'accent sur les territoires confrontés à des difficultés d'accès aux soins. Le Centre-Val de Loire bénéficie d'une hausse de 18 % des postes par rapport à 2025, la Nouvelle-Aquitaine de +15,7 % et les Hauts-de-France de +14,7 %. Ces régions sont particulièrement concernées par la désertification médicale, et cette augmentation vise à renforcer l'offre de soins sur le long terme.

Cette annonce intervient après une année 2024 difficile pour les hôpitaux. Une réforme du concours de l'internat, entrée en vigueur cette année-là, avait introduit pour la première fois une note éliminatoire à l'épreuve écrite ainsi qu'une épreuve orale. De nombreux étudiants avaient alors stratégiquement choisi de redoubler leur cinquième année pour éviter le nouveau format, ce qui avait conduit à une promotion réduite à 8.500 internes, contre 9.500 habituellement. Cette baisse avait fortement pesé sur les effectifs hospitaliers, déjà sous tension.

Un impact majeur sur l'hôpital

Selon plusieurs syndicats, les internes représentent 40 % de l'effectif médical hospitalier. Leur diminution en 2024 avait alourdi la charge de travail et les gardes des praticiens, notamment dans les services d'urgence où ils participent largement au fonctionnement quotidien. La hausse annoncée pour 2026 devrait donc contribuer à soulager les équipes en place, même si ses effets ne se feront sentir que progressivement.

Les professionnels de santé ont globalement salué cette annonce, tout en appelant à poursuivre les efforts. La Société française de dermatologie (SFD) et le Collège des enseignants en dermatologie de France (CEDEF) y voient « un premier tournant dans la lutte contre la pénurie croissante de dermatologues », après plusieurs années de stagnation du nombre d'internes dans cette spécialité. Ils ajoutent toutefois que « les pouvoirs publics ont enfin pris la mesure de l'urgence », mais que l'augmentation reste « insuffisante pour combler le retard accumulé ».

Le Dr Luc Sulimovic, président du syndicat SNDV, évoque de son côté « une grande victoire », mais insiste sur le fait qu'il s'agit d'« une première étape, dont les effets ne se feront pleinement sentir que dans une dizaine d'années ». En effet, la formation des internes dure plusieurs années, et l'arrivée de ces nouveaux médecins sur le marché du travail ne sera effective qu'à l'issue de leur cursus.

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Des perspectives à long terme

Cette hausse des postes d'internes s'inscrit dans la stratégie globale du gouvernement pour répondre à la démographie médicale déclinante. La suppression du numerus clausus, effective depuis 2020, vise à former davantage de médecins à moyen terme. Les effets concrets commencent à se matérialiser, mais les spécialistes rappellent que la pénurie actuelle ne pourra être résorbée que si ces augmentations se poursuivent sur plusieurs années.

Les régions les plus touchées par la désertification médicale, comme le Centre-Val de Loire ou la Nouvelle-Aquitaine, devraient bénéficier de ces nouveaux postes, mais les syndicats appellent à une vigilance sur la répartition territoriale et sur les conditions de travail des internes. La question des gardes et de la charge de travail reste centrale pour attirer et retenir les jeunes médecins dans les hôpitaux publics.

En attendant, la promotion 2026 marque un tournant : avec 10.260 postes, elle dépasse pour la première fois le seuil des 10.000 internes, un niveau jamais atteint depuis la réforme du concours. Le ministère de la Santé promet de continuer à adapter les effectifs aux besoins de la population, en lien avec les agences régionales de santé.