Prise en charge de la maladie rénale chronique jugée préoccupante par l'Igas
Maladie rénale chronique : prise en charge préoccupante selon l'Igas

L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) a rendu un rapport préoccupant sur la prise en charge de la maladie rénale chronique en France. Selon ce document, près de 6 millions de personnes sont concernées par cette pathologie, mais leur suivi médical reste très inégal selon les régions.

Des disparités territoriales marquées

Le rapport souligne que l'accès aux soins spécialisés, notamment aux néphrologues, est très variable. Certains départements manquent cruellement de spécialistes, ce qui retarde le diagnostic et la mise en place d'un traitement adapté. Les patients doivent parfois parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour consulter un néphrologue.

Un manque de coordination entre professionnels

L'Igas déplore également un défaut de coordination entre les médecins généralistes, les néphrologues et les autres spécialistes impliqués dans le suivi de la maladie. Cette absence de parcours de soins structuré conduit à des prises en charge hétérogènes et parfois inefficaces.

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Le dépistage insuffisant

Un autre point alarmant est le faible taux de dépistage de la maladie rénale chronique. De nombreux patients ignorent leur état jusqu'à un stade avancé, alors qu'un simple test urinaire ou sanguin permettrait de détecter la maladie précocement. L'Igas recommande donc de généraliser le dépistage chez les populations à risque, comme les diabétiques et les hypertendus.

Des recommandations pour améliorer la prise en charge

Le rapport formule plusieurs propositions pour remédier à cette situation :

  • Renforcer la formation des médecins généralistes à la maladie rénale chronique.
  • Développer la télémédecine pour faciliter l'accès aux néphrologues dans les zones sous-dotées.
  • Mettre en place un parcours de soins coordonné, avec un suivi personnalisé pour chaque patient.
  • Améliorer l'information des patients sur leur maladie et les traitements disponibles.

L'Igas insiste sur la nécessité d'agir rapidement, car le nombre de patients atteints d'insuffisance rénale terminale, nécessitant dialyse ou greffe, ne cesse d'augmenter. En 2025, plus de 100 000 personnes étaient traitées par dialyse ou vivaient avec un greffon rénal, et ce chiffre pourrait grimper de 30% d'ici 2030 si rien n'est fait.

Un enjeu de santé publique majeur

La maladie rénale chronique représente un coût important pour le système de santé : la dialyse coûte en moyenne 80 000 euros par an et par patient. Une meilleure prévention et un suivi plus efficace permettraient non seulement d'améliorer la qualité de vie des patients, mais aussi de réaliser des économies substantielles.

Le ministère de la Santé a indiqué qu'il allait étudier les recommandations de l'Igas et pourrait annoncer prochainement des mesures pour améliorer la prise en charge de cette maladie silencieuse mais potentiellement mortelle.

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