Kinés : nouveaux bilans prévention dès 2026
Kinés : bilans prévention dès 2026

Dès 2026, les masseurs-kinésithérapeutes seront autorisés à réaliser des bilans de prévention, une mission jusqu'ici réservée aux pharmaciens et aux infirmiers. Cette mesure, annoncée ce mercredi par le ministère de la Santé, s'inscrit dans la stratégie nationale de santé publique visant à renforcer la prévention et à désengorger les cabinets médicaux.

Une extension des compétences des kinés

Concrètement, les kinésithérapeutes pourront proposer à leurs patients des bilans de prévention axés sur l'activité physique, la mobilité et la prévention des chutes, notamment chez les personnes âgées. Cette nouvelle mission s'ajoute à leur cœur de métier : la rééducation et le traitement des troubles musculo-squelettiques.

Selon le ministère, cette décision répond à un besoin croissant de prévention, alors que les dépenses de santé liées aux maladies chroniques et aux chutes augmentent. Les kinés, qui voient souvent les patients en première intention, pourront ainsi jouer un rôle clé dans le dépistage précoce et l'orientation vers d'autres professionnels si nécessaire.

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Un dispositif déjà expérimenté avec succès

Cette extension de compétences fait suite à une expérimentation menée dans plusieurs régions, qui a montré des résultats encourageants. Selon les données du ministère, 85 % des patients ayant bénéficié d'un bilan de prévention par un kiné ont modifié leurs habitudes de vie, et 70 % ont évité une hospitalisation dans les six mois suivants.

« Les kinésithérapeutes sont des professionnels de santé de proximité, souvent plus accessibles que les médecins généralistes. Leur implication dans la prévention est une évidence », a déclaré le Dr Sophie Martin, porte-parole de l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.

Une réponse à la pénurie de médecins

Cette mesure intervient dans un contexte de désertification médicale, où de nombreuses zones manquent de médecins généralistes. En confiant ces bilans aux kinés, le gouvernement espère réduire la pression sur les cabinets médicaux et améliorer l'accès aux soins préventifs pour tous.

Le ministère précise que les kinés seront rémunérés pour ces actes, mais le montant exact n'a pas encore été communiqué. Des négociations sont en cours avec les syndicats de la profession pour définir les modalités pratiques et tarifaires.

Un impact attendu sur la santé publique

À terme, cette mesure pourrait avoir un impact significatif sur la santé publique. En favorisant la prévention, elle pourrait réduire l'incidence de certaines pathologies liées à la sédentarité, comme l'obésité, le diabète de type 2 ou les maladies cardiovasculaires.

Le ministère espère également que cette initiative encouragera d'autres professions de santé à s'investir dans la prévention, dans un objectif de décloisonnement des métiers et d'efficacité du système de soins.

Les kinésithérapeutes, qui sont environ 100 000 en France, devront suivre une formation complémentaire pour réaliser ces bilans. Celle-ci sera mise en place dès 2025, en collaboration avec les instituts de formation et les universités.

Cette annonce a été saluée par les syndicats de kinésithérapeutes, qui y voient une reconnaissance de leur rôle dans le parcours de soins. « C'est une avancée majeure pour notre profession et pour les patients », a déclaré le président du Syndicat national des masseurs-kinésithérapeutes.

Le déploiement se fera progressivement à partir de janvier 2026, avec une montée en charge sur l'ensemble du territoire. Les kinés volontaires pourront commencer dès cette date, avant une généralisation complète prévue pour 2027.

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