Interdiction de sept dérivés de tryptamine en France dès le 10 juin
Interdiction de 7 dérivés de tryptamine en France

À compter de mercredi 10 juin, sept dérivés synthétiques de la tryptamine, une substance hallucinogène, seront interdits en France. Cette décision fait suite à une augmentation des cas d'effets indésirables graves, dont un décès, rapportés par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Une enquête révélatrice

Entre début 2020 et fin 2024, une enquête nationale d’addictovigilance a recensé des intoxications graves liées à ces substances. L'ANSM précise que 27 signalements ont été enregistrés, dont 16 présentaient un critère de gravité : 11 hospitalisations, quatre situations médicalement graves et une mise en jeu du pronostic vital. L'année 2025 a connu une augmentation des signalements, avec 13 cas.

Des effets renforcés et dangereux

Les tryptamines existent naturellement dans certaines plantes, champignons et animaux, mais leurs versions synthétiques, obtenues par procédés chimiques, présentent des effets hallucinogènes renforcés et un risque accru d'effets indésirables. Ces substances se déclinent en poudre, en liquide ou sont intégrées dans des aliments comme du chocolat ou des confiseries. Elles peuvent entraîner des troubles neurologiques (tremblements, maux de tête, perte de conscience, coma), psychiatriques (hallucinations, idées délirantes, anxiété, attaque de panique, tentative de suicide), cardiovasculaires (tachycardie, hypertension artérielle), digestifs (vomissements, diarrhée) et musculaires.

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Une interdiction pour protéger la santé publique

Pour limiter les risques, l'ANSM a inscrit sept dérivés synthétiques de la tryptamine (AMT, 4-AcO-DMT, 4-HO-MET, 4-HO-MiPT, 5-MeO-DMT, 5-MeO-MiPT, 5-MeO-DiPT) sur la liste des stupéfiants. Leur production, vente et usage seront donc interdits en France à partir du 10 juin.

Recommandations en cas d'intoxication

En cas d'intoxication suspectée, l'ANSM recommande aux professionnels de santé (Samu, pompiers, urgentistes) de contacter le centre d'addictovigilance régional ou un centre antipoison. Pour les personnes ayant consommé un dérivé de tryptamine et ressentant des symptômes inquiétants, ou leur entourage, il est conseillé d'appeler le 15 en cas de détresse vitale : perte de connaissance, attaque de panique, idées délirantes ou suicidaires.

Un contexte européen préoccupant

L'Agence de l'Union européenne sur les drogues (EUDA) alerte également dans son rapport annuel sur la large disponibilité de substances psychoactives de plus en plus variées. La polyconsommation, courante, accroît les risques. L'EUDA appelle à investir dans la prévention, le traitement et la réinsertion sociale des consommateurs.

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