Dépistage du cadmium remboursé : qui est concerné et pourquoi ?
Dépistage cadmium remboursé : qui est concerné ?

Un dépistage ciblé pour les résidents de zones polluées

Le dépistage du cadmium, un métal toxique largement présent dans l'environnement, sera bientôt remboursé par l'Assurance maladie. Toutefois, cette mesure ne sera pas systématique. Elle visera uniquement les personnes résidant dans des zones géographiques où la contamination est avérée, selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS). L'entourage de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a précisé à l'AFP que ce dépistage sera pris en charge à 60 % par l'Assurance maladie et à 40 % par les complémentaires santé.

Un constat alarmant sur l'imprégnation des Français

En 2025, près de la moitié de la population française présentait des niveaux d'exposition au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Cette situation est jugée « préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge ». Une exposition répétée, même à faibles doses, peut entraîner des effets néfastes sur la santé : troubles rénaux, osseux, respiratoires, neurologiques, cardiovasculaires, ainsi que des risques pour la reproduction et un potentiel cancérogène.

Les zones à risque identifiées

La HAS préconise de dépister les résidents des territoires aux sols géologiquement riches en cadmium, comme la Champagne, la Charente, le Jura ou le Massif central. Sont également concernés les riverains des 7 000 sites pollués par des activités industrielles. La contamination se fait par inhalation de poussières ou par ingestion d'aliments cultivés localement. Le ministère précise que les médecins pourront aussi prescrire ce dépistage à des personnes vivant hors de ces zones, en cas de suspicion d'exposition, par exemple face à des problèmes rénaux ou osseux inexpliqués.

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Un enjeu de santé publique pour les enfants

Le Dr Robert Garnier, auteur du rapport de la HAS, souligne que le cadmium s'accumule dans l'organisme et diminue très lentement. Il est donc crucial de contrôler les apports dès le plus jeune âge. Pour les enfants de 6 mois à 4 ans, des mesures simples sont recommandées : ne pas les laisser jouer sur le sol, couper leurs ongles courts, laver fréquemment leur visage et leurs mains, et nettoyer les sols avec un linge humide. Pour les adultes, il est conseillé de diversifier l'alimentation, de réduire la consommation de blé, riz, pommes de terre, et d'éviter le tabagisme, y compris passif.

Des analyses pour évaluer l'imprégnation

Les analyses consisteront en un dosage urinaire, éventuellement complété par une prise de sang. Selon le Dr François Blanchecotte, président de la Fédération de la biologie médicale, ces tests permettront de déterminer si la personne souffre d'une intoxication chronique due à son lieu de résidence. Il insiste sur l'importance d'agir, car le cadmium s'accumule silencieusement et peut causer des problèmes graves à long terme.

Vers une réduction de la contamination en amont

En dehors des sites pollués, 98 % de la contamination provient de l'alimentation. Le Dr Pierre Souvet, président de l'Association Santé environnement France (ASEF), plaide pour une réduction de la contamination en amont. Il soutient une proposition de loi visant à interdire les engrais phosphatés contenant du cadmium à partir de 2027. Cette proposition, déjà adoptée en commission, doit être examinée par l'Assemblée nationale en juin.

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