Une famille nombreuse unie par l'art. Les artistes en herbe du GIHP de Sète exposeront leurs œuvres du 3 au 7 août à la salle Jean-Claude Izzo, à Frontignan. Élisabeth, Marie-Carmen, Corinne, Valérie, Saïda, Nathalie, Sandrine, Myriam, Ludovic, Lionel, Philippe, Roger, João et les autres sont unis dans l'art comme dans le handicap qui a bouleversé leur vie, à la naissance ou plus tard dans des circonstances souvent tragiques. Mais ce vendredi 24 juillet, au GIHP de Sète, centre d'accueil de jour pour les personnes souffrant d'un handicap moteur ou sensoriel, n'est pas un jour de tristesse, mais de joie.
Une exposition collective pour célébrer la créativité
Leurs œuvres, réalisées lors de l'activité Cré'atelier, seront exposées dès ce mardi 28 juillet et jusqu'au 7 août, à la salle Jean-Claude Izzo de Frontignan. Sous le thème "Visage & nature du monde", chacun s'est exprimé selon sa sensibilité, ses goûts, ses sources d'inspiration et son appétence pour la pyrogravure, la gravure sur bois ou la peinture. Les motifs, calqués au préalable au carbone, dont certains en relief pour permettre aux personnes non-voyantes de participer pleinement à l'atelier, ont ensuite été investis par chaque artiste, qui y a apporté sa touche personnelle. Visages, animaux, mammifères, poissons, oiseaux, paysages : les œuvres, tant classiques, tantôt bucoliques ou inspirées du pop art, racontent chacune une personnalité singulière.
Du maintien de la motricité au dépassement de soi
Si cet atelier vise d'abord à préserver la motricité fine, la concentration et la vue de ses participants, "le vrai moteur est la convivialité", souligne David, accompagnant éducatif et social au GIHP de Sète. Pour ceux qui y participent, l'expérience va bien au-delà du geste artistique. "Dans cet atelier, on fait des œuvres pour les autres. Cela nous permet de nous sentir utiles, car beaucoup d'entre nous ne travaillent plus ou n'ont jamais pu travailler", confie Valérie. L'atelier est aussi une manière de faire communauté, d'oublier les problèmes du quotidien, de sortir de chez soi, de s'évader. Ou, comme le résume Élisabeth, "de se sentir tous pareils, sans différence entre nous. Dans l'art, il n'y a pas de handicap qui tienne".
Un accompagnement sur-mesure
Au centre d'accueil de jour du GIHP de Sète, qui fête cette année ses 20 ans, accompagnants éducatifs et sociaux et monitrices éducatrices multiplient les activités (handisport, atelier créatif, boccia, écriture, modelage, chorale, sorties, piscine, groupes de discussion…), élaborent des projets éducatifs déclinés individuellement pour développer les compétences motrices, cognitives et sociales des personnes accueillies. "Notre première mission est de les accompagner dans le maintien de leur autonomie, mais on part toujours de leurs demandes", précise Louisa, monitrice éducatrice. "Ici, on se sent comme chez nous. Après vingt ans de boîte, je peux dire que c'est ma deuxième maison parce qu'on est tous ensemble et que l'on s'entend bien", ajoute Ludovic, dit l'hurluberlu. "Puis, on a la chance d'avoir une super équipe. Il faut la garder. On est en fait une famille, et une famille nombreuse", complète Corinne, toujours prête à placer un bon mot.
L'art comme moteur de résilience
João, lui, n'a pas participé à l'atelier, parce que le dessin n'est pas "son truc". Mais dans Le P'tit curieux, le journal créé par le groupe, il confiait que "l'existence de l'art dans la vie aide à passer outre les difficultés, les inégalités de chacun", à "aller plus loin", à "ne pas renoncer" et à "savoir qu'on est utile". Élisabeth, elle, avait écrit : "Tout est possible quand on le veut." Une conviction que les œuvres exposées à la salle Jean-Claude Izzo illustrent avec éclat. Le vernissage aura lieu le 3 août à 14 heures, salle d'exposition Jean-Claude Izzo, 2 rue Député Lucien Salette, à Frontignan.



