Une exposition unique au cœur de l'accompagnement en fin de vie
L'unité territoriale de soins palliatifs du centre hospitalier de Saintes cultive avec sensibilité toutes les façons d'apporter du bien-être et de la douceur dans un service souvent associé à la mort. Une démarche particulièrement touchante s'est concrétisée par une exposition artistique installée depuis février 2026, qui transforme les couloirs du premier étage en une galerie d'émotions et de moments de vie.
Le regard sensible d'Alain Paillou
En novembre 2024, le dessinateur Alain Paillou, habitué des procès d'assises qu'il couvre pour le journal Sud Ouest, a accepté de passer trois jours dans ce service si particulier. Armé de son crayon, il s'est fait discret, attrapant au vol des situations du quotidien, travaillant rapidement en noir et blanc pour saisir l'essence des moments partagés.
« C'était un cadeau pour l'équipe », apprécie avec émotion Vanessa Provost, cadre de santé de l'unité. « La première journée, c'était assez fort », confie pour sa part Alain Paillou. « Je suis tombé sur une dame avec qui on a discuté d'art. On avait le même âge. Une nuit, une personne est décédée. Je me suis planqué vers la sortie pour ne pas gêner. »
La réalité humaine des soins palliatifs
Vanessa Provost réagit avec justesse à cette immersion artistique : « C'est vrai que l'on prend la souffrance en plein visage, c'est notre quotidien. Même si ce n'est pas aussi larmoyant qu'on pourrait croire. » Le personnel a pleinement joué le jeu de ce reportage dessiné, offrant au crayon d'Alain Paillou une authenticité rare.
L'unité se distingue par des singularités qui visent à offrir des derniers plaisirs aux patients. « Les chiens, les chats, on les accueille. Le jour de l'An, ça ressemblait à un vrai chenil. Les chevaux, on n'a pas pu… », rigole le Dr Masson, cheffe de service. Il arrive aussi que l'on y célèbre des mariages in extremis. « On en a eu trois. C'était magnifique. Il y a des anniversaires, aussi. Tout ce qui peut ramener de la vie », poursuit la médecin avec conviction.
Des projets de vie financés par la générosité
Une association, Pallia Saintonge, abondée par des dons, permet de financer des « petits projets de vie » qui embellissent le quotidien. Une cave à vin, l'aménagement du patio, un appareil à smoothie, une crêpière… « On est attentifs aux bonnes odeurs », souligne Vanessa Provost. Le jour de l'An, un musicien est venu offrir un air de guitare, apportant une note de légèreté.
Les bénévoles de l'Association de soins palliatifs 17, dûment formés, passent plusieurs fois par semaine pour prêter une oreille bienveillante. Les Petites mains essentielles offrent quant à elles des massages des mains aux patients et à leurs proches, un geste simple mais profondément réconfortant.
« Ce qui est super, en soins palliatifs, c'est que l'on peut faire plein de projets. Cela amène de belles rencontres », note avec optimisme la cadre de santé. Alain Paillou garde pour sa part un souvenir fort de son passage dans le service, une expérience humaine qui dépasse le simple reportage.



