À la suite de la COP15 Biodiversité, la France s’est fixé pour objectif de protéger 30 % de son territoire national, terrestre et marin, dont 10 % en protection forte d’ici à 2030. Cependant, selon le directeur du Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la Nature (UICN), la France n’est toujours pas « en mesure d’atteindre ses objectifs de protection de la biodiversité » fixés au niveau international.
Un constat alarmant de l'UICN
Interrogé lors d’une audition au Sénat, Sébastien Moncorps, directeur de l’UICN, a déclaré : « Pour l’instant, la France n’est pas en mesure d’atteindre ses objectifs de protection de la biodiversité, notamment ceux auxquels elle a souscrit au niveau international. » Il a souligné que cela est lié « à la question des moyens financiers ». Il a rappelé qu’une mission de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD) avait chiffré en janvier 2023 les moyens nécessaires à la mise en œuvre de cette stratégie à « 173 millions d’euros de crédits nouveaux en 2023 et jusqu’à 465 millions en 2027 ».
Pour Sébastien Moncorps, il faut « aller chercher ces moyens en réformant les financements dommageables à la biodiversité ». Un rapport de l’IGF de juillet 2025 sur le sujet estimait que « sur plus de 92 milliards d’euros d’aides publiques examinées, 37 milliards méritent d’être réexaminées, dont 20 milliards en priorité ».
Un manque d'ambition politique selon le WWF
Pour la directrice générale du WWF France, Véronique Andrieux, également interrogée par les sénateurs, il s’agit également d’une question d’ambition politique insuffisante. « Il y a besoin d’une vision et d’un portage politique fort de ces questions de biodiversité. Parfois, on se retrouve face à un État qui ne tient pas ses engagements ou qui n’applique pas une cohérence au sein de ces politiques publiques », a-t-elle déclaré.
« Au niveau international, au niveau européen et aussi au niveau français, malheureusement, on assiste à un recul, à une forme de renoncement » sur ces questions « majeures et sur lesquelles il faudrait au contraire accélérer et augmenter le niveau d’ambition plutôt que de reculer ». Véronique Andrieux a notamment estimé que le prochain plan national de restauration de la nature (PNRN), actuellement en cours d’élaboration et qui doit être présenté au niveau européen d’ici à septembre, « n’est pas à la hauteur et n’a pas le bon niveau d’ambition », d’après le projet de texte que l’ONG a pu consulter. Ce texte ne ferait que « repartager des engagements qui avaient été pris par le passé, sans aller justement au-delà ».



