Un tribunal russe a annoncé lundi avoir condamné trois employés du bar « Pose », à Orenbourg, à des peines de prison pour participation à la « communauté LGBT internationale ». Le propriétaire, l'administratrice et le directeur artistique du bar ont été reconnus coupables dans ce dossier présenté comme la « première affaire pénale » de ce type.
Des peines allant de deux à sept ans de prison
Selon le tribunal, Viatcheslav Khassanov, 37 ans et propriétaire du bar, a été condamné à sept ans de prison, ainsi qu'à une amende d'un million de roubles (13 000 dollars). L'administratrice, Diana Kamilyanova, 30 ans, a écopé de six ans et trois mois d'emprisonnement. Le directeur artistique, Alexandre Klimov, 23 ans, a lui été condamné à deux ans et trois mois. Aucun d'entre eux n'a plaidé coupable, a précisé le tribunal.
Une qualification inédite basée sur une décision de la Cour suprême
Les juges estiment que les trois accusés ont organisé des « événements placés sous le signe de la solidarité avec des personnes ayant une orientation sexuelle non traditionnelle », formulation utilisée dans le droit russe pour désigner les personnes LGBT+. La justice russe a insisté sur le caractère inédit de cette procédure, qualifiée de « première affaire pénale » pour « participation aux activités d'une organisation extrémiste : le mouvement international LGBT ». Cette qualification a été rendue possible par la décision de la Cour suprême en 2023 d'interdire ce qu'elle a présenté comme un « mouvement international LGBT ».
Un durcissement de la répression en Russie
La répression visant les milieux LGBT+ s'inscrit dans un contexte de durcissement politique en Russie. Le pays cible ces organisations depuis plusieurs années, mais les autorités ont intensifié les actions contre les lieux fréquentés par la communauté LGBT+. Des clubs et bars ont été visés par des raids, accompagnés d'arrestations de leurs responsables. Des tribunaux ont également infligé des amendes et des peines de prison ferme, parfois de courte durée, à des personnes arborant des symboles LGBT+, comme des vêtements, des bijoux ou des affiches aux couleurs du drapeau arc-en-ciel.
Le verdict a été rendu dans la ville d'Orenbourg, située à la frontière avec le Kazakhstan et comptant environ 500 000 habitants. Cette affaire marque une escalade dans la répression des droits LGBT+ en Russie, où les autorités utilisent désormais la qualification d'extrémisme pour poursuivre les individus impliqués dans des activités de soutien à la communauté.



