Pérou : Keiko Fujimori élue présidente avec 50,13 % des voix
Pérou : Keiko Fujimori élue avec 50,13 % des voix

Keiko Fujimori a été officiellement proclamée présidente du Pérou ce lundi 29 juin 2026, après que le dépouillement final a confirmé sa victoire avec 50,13 % des voix, selon l'Office national des processus électoraux (ONPE). Son adversaire, le candidat de gauche Pedro Castillo, a obtenu 49,87 %, soit une différence de seulement 0,26 point de pourcentage.

Un scrutin sous haute tension

L'élection présidentielle du 6 juin 2026 a été l'une des plus serrées de l'histoire récente du Pérou. Les résultats préliminaires avaient déjà placé Keiko Fujimori en tête, mais l'attente du décompte final a duré plus de trois semaines en raison de contestations et de recomptages partiels. La candidate de Force populaire, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, a finalement devancé Pedro Castillo, un syndicaliste enseignant soutenu par la gauche radicale.

Dans son discours de victoire, Keiko Fujimori a appelé à l'unité nationale : « Nous devons travailler ensemble pour reconstruire notre pays, dans le respect de la démocratie et de l'État de droit. » Elle a également promis de lutter contre la corruption et de relancer l'économie péruvienne, durement touchée par la pandémie de Covid-19.

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Une opposition qui conteste

Pedro Castillo n'a pas reconnu sa défaite, dénonçant des « irrégularités » dans le processus électoral. Dans un communiqué, son parti, Pérou libre, a annoncé qu'il présenterait des recours devant le Jury national des élections (JNE). « Nous ne laisserons pas voler la volonté du peuple », a déclaré Castillo lors d'une conférence de presse. Des manifestations de ses partisans ont éclaté dans plusieurs régions du sud du pays, notamment à Cusco et Ayacucho, mais elles sont restées pacifiques.

La communauté internationale a félicité Keiko Fujimori. Le président américain Joe Biden a salué « la force de la démocratie péruvienne », tandis que l'Union européenne a appelé au calme et au respect des institutions. L'Organisation des États américains (OEA), qui a déployé une mission d'observation électorale, a jugé le scrutin « transparent et crédible ».

Un mandat sous le signe de la polarisation

Keiko Fujimori, âgée de 51 ans, entame son premier mandat présidentiel après trois tentatives infructueuses (2011, 2016 et 2021). Elle devra faire face à un Congrès fragmenté, où son parti ne détient qu'une majorité relative. Les défis sont immenses : inflation galopante, chômage élevé, méfiance envers les institutions et une population divisée entre partisans et opposants de l'héritage fujimoriste.

Selon les analystes, sa présidence pourrait être marquée par une politique économique libérale, avec des privatisations et des mesures d'austérité, mais aussi par des tensions avec les mouvements sociaux et les peuples autochtones. « Le Pérou entre dans une phase d'incertitude, mais la victoire de Fujimori montre que l'électorat a choisi la stabilité plutôt que le changement radical », estime le politologue Carlos Meléndez, de l'Université du Pacifique.

Keiko Fujimori prêtera serment le 28 juillet, jour de la fête nationale péruvienne. Elle devient ainsi la deuxième femme présidente du Pérou, après Dina Boluarte qui avait assuré l'intérim en 2022.

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