CHU Montpellier : détresse des soignants en soins palliatifs
CHU Montpellier : soignants en soins palliatifs en détresse

Au CHU de Montpellier, les soignants de l'unité de soins palliatifs tirent la sonnette d'alarme. Depuis plusieurs mois, ils dénoncent un manque criant de moyens humains et matériels, qui compromet la prise en charge des patients en fin de vie. Selon un collectif de soignants, la situation s'est aggravée avec la crise sanitaire, mais les problèmes structurels persistent.

Des effectifs insuffisants pour une charge de travail croissante

L'unité de soins palliatifs du CHU de Montpellier compte actuellement 12 lits, mais seulement 8 sont ouverts faute de personnel. Les soignants, qui devraient être 20 selon les recommandations, ne sont que 14 en poste. Cette pénurie entraîne une surcharge de travail et un épuisement professionnel. « On se bat contre vents et marées », confie une infirmière, qui témoigne sous couvert d'anonymat.

Le nombre de patients admis en soins palliatifs a augmenté de 15% en 2023 par rapport à l'année précédente, sans que les effectifs ne suivent. Les soignants doivent ainsi gérer des situations complexes avec des ressources limitées, ce qui génère une grande détresse psychologique.

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Un impact direct sur la qualité des soins

Le manque de personnel a des conséquences concrètes sur la prise en charge des patients. Les temps d'accompagnement individuel sont réduits, et les soignants peinent à offrir un soutien psychologique adapté aux familles. « On aimerait passer plus de temps avec chaque patient, mais on doit courir d'une chambre à l'autre », déplore une aide-soignante.

Selon une enquête interne réalisée en janvier 2024, 80% des soignants de l'unité estiment que la qualité des soins s'est dégradée au cours des deux dernières années. 60% d'entre eux envisagent de quitter leur poste dans les six mois, faute de perspectives d'amélioration.

Des revendications pour sortir de l'impasse

Les soignants demandent la création de 6 postes supplémentaires (infirmiers, aides-soignants et psychologues) et une revalorisation salariale pour reconnaître la pénibilité de leur travail. Ils réclament également une meilleure coordination avec les services de médecine conventionnelle pour éviter les hospitalisations inappropriées en soins palliatifs.

La direction du CHU de Montpellier reconnaît les difficultés mais invoque des contraintes budgétaires. Dans un communiqué, elle indique avoir recruté 2 aides-soignants supplémentaires en 2023 et prévoit l'ouverture de 2 lits supplémentaires d'ici fin 2024. Une réponse jugée insuffisante par le collectif de soignants.

Un problème national qui interpelle

La situation à Montpellier n'est pas isolée. Selon la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs (SFAP), 70% des unités de soins palliatifs en France connaissent des difficultés de recrutement. Le manque d'attractivité de la spécialité, lié à des conditions de travail difficiles et à une reconnaissance insuffisante, est pointé du doigt.

« Les soins palliatifs sont une discipline médicale à part entière, mais ils restent le parent pauvre de l'hôpital public », dénonce le Dr. Philippe Martin, président de la SFAP. Il appelle à un plan d'urgence national pour revaloriser ces métiers et garantir un accompagnement digne en fin de vie.

Au CHU de Montpellier, les soignants espèrent que leur cri d'alarme sera entendu avant qu'il ne soit trop tard. « On ne veut pas en arriver à devoir choisir entre nos patients et notre santé », conclut l'infirmière.

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