Israël adopte une loi suspendant l'arrestation d'étudiants juifs ultra-orthodoxes réfractaires
Israël: loi suspendant l'arrestation d'étudiants ultra-orthodoxes

Le Parlement israélien, la Knesset, a adopté lundi 15 juillet une loi controversée suspendant l'arrestation des étudiants juifs ultra-orthodoxes (haredim) qui refusent d'effectuer leur service militaire. Cette mesure, soutenue par la coalition gouvernementale du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a été votée par 63 voix contre 47.

Une exemption historique remise en cause

Depuis la création d'Israël en 1948, les ultra-orthodoxes bénéficient d'une exemption du service militaire, à condition qu'ils étudient à plein temps dans des yeshivas (écoles talmudiques). Cette exemption, renouvelée tous les cinq ans, a été invalidée en juin 2024 par la Cour suprême israélienne, qui a jugé qu'elle violait le principe d'égalité. La cour a ordonné au gouvernement de trouver une solution législative avant le 30 juillet 2025.

La nouvelle loi, intitulée "Loi sur l'ajournement du service pour les étudiants des yeshivas", suspend toute arrestation de haredim réfractaires jusqu'au 31 décembre 2025. Selon le texte, les autorités ne pourront pas engager de poursuites pénales contre les étudiants qui ne se présentent pas à l'appel, à condition qu'ils soient inscrits dans une institution d'étude reconnue.

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Réactions et tensions politiques

Cette décision a provoqué des réactions vives au sein de la société israélienne. Yair Lapid, chef de l'opposition, a qualifié la loi de "honteuse" et a déclaré : "C'est un abandon flagrant de la sécurité de l'État au profit d'intérêts politiques étroits. Les ultra-orthodoxes doivent contribuer comme tous les citoyens."

Des manifestations ont eu lieu devant la Knesset, rassemblant plusieurs centaines de personnes, dont des réservistes et des familles de soldats. Un porte-parole du mouvement "Egalité dans le service" a affirmé : "Cette loi est un coup porté à la cohésion nationale. Alors que nos soldats risquent leur vie, certains choisissent de ne pas servir sans aucune conséquence."

Impact sur la coalition gouvernementale

La loi a été adoptée grâce au soutien des partis ultra-orthodoxes Shas et Judaïsme unifié de la Torah, alliés clés de Netanyahu. En échange, ceux-ci ont exigé que la loi soit votée avant la pause estivale de la Knesset. Cependant, des dissensions sont apparues au sein même de la coalition : plusieurs députés du Likoud ont exprimé leur mécontentement, estimant que la loi affaiblit l'armée israélienne.

Selon des données officielles, environ 66 000 jeunes ultra-orthodoxes en âge de servir sont actuellement exemptés. L'armée israélienne a besoin de recrues supplémentaires, notamment dans les unités de combat, face aux menaces sécuritaires régionales. Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a déclaré : "Nous devons trouver un équilibre entre les besoins de l'armée et le respect des traditions. Cette loi est une solution temporaire, mais une réforme plus large est nécessaire."

Prochaines étapes

La loi doit encore être examinée par la Cour suprême, qui pourrait l'invalider si elle est jugée inconstitutionnelle. Des recours ont déjà été déposés par des organisations de défense des droits civiques. Par ailleurs, le gouvernement prévoit de présenter un projet de loi permanent d'ici mars 2026, visant à intégrer progressivement les ultra-orthodoxes dans l'armée ou le service civil.

Cette crise intervient dans un contexte de tensions accrues entre laïcs et religieux en Israël, où la question du service militaire des haredim reste l'un des sujets les plus clivants.

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