Dans l'affaire Grégoire, l'une des plus emblématiques des Vosges, la justice a récemment statué sur le sort de la grand-tante du petit garçon de 4 ans disparu en 2017. Les faits qui lui étaient reprochés sont désormais prescrits, mettant fin à une procédure qui durait depuis plusieurs années.
Une décision judiciaire attendue
Le tribunal judiciaire d'Épinal a rendu une ordonnance de non-lieu pour prescription concernant la grand-tante de Grégoire. Cette dernière était mise en examen pour non-dénonciation de mauvais traitements infligés à l'enfant. Selon l'avocat de la famille, Me Jean-Philippe Marongiu, « cette décision est conforme au droit, mais elle laisse un goût amer à la famille qui espérait des réponses ».
Les faits remontent à 2017, lorsque Grégoire, alors âgé de 4 ans, disparaît mystérieusement de son domicile familial à Saint-Dié-des-Vosges. L'enfant sera retrouvé mort quelques jours plus tard dans un ruisseau, suscitant une vive émotion dans la région.
Les charges retenues contre la grand-tante
La grand-tante de Grégoire était soupçonnée d'avoir eu connaissance des maltraitances que subissait l'enfant de la part de ses parents, sans en avertir les autorités. Selon le parquet, elle aurait été informée dès 2015 des violences infligées à l'enfant, mais n'aurait rien signalé. Les investigations ont montré que Grégoire présentait des signes de maltraitance répétés, notamment des hématomes et des fractures.
L'avocate de la grand-tante, Me Sophie Lemoine, a salué la décision : « Ma cliente a toujours nié les faits. Cette prescription met fin à des années de procédure éprouvantes pour elle et sa famille. »
Les parents de Grégoire toujours jugés
Si la grand-tante échappe à un procès, les parents de Grégoire, eux, restent mis en examen pour homicide volontaire et violences habituelles sur mineur. Leur procès devrait se tenir en 2026, selon les informations judiciaires. La mère de l'enfant, âgée de 32 ans, et le père, 34 ans, sont incarcérés depuis 2019.
Selon le procureur de la République d'Épinal, « les charges sont suffisamment graves pour justifier un procès. La prescription ne concerne que les faits de non-dénonciation, pas les violences elles-mêmes. »
Une affaire qui a marqué les esprits
L'affaire Grégoire a suscité une vive émotion dans les Vosges et au-delà. Des manifestations de soutien à l'enfant avaient eu lieu en 2017, et une pétition avait recueilli plus de 50 000 signatures pour demander justice. La famille de Grégoire s'est dite déçue par la prescription, mais déterminée à poursuivre le combat judiciaire contre les parents.
« Nous comprenons la décision de justice, mais nous espérions que la grand-tante serait jugée pour son silence », a déclaré l'oncle de Grégoire, qui a requis l'anonymat. « Nous voulons que la vérité éclate sur ce qui est arrivé à notre petit garçon. »
Le parquet a indiqué qu'il ne ferait pas appel de l'ordonnance de non-lieu, confirmant ainsi la prescription des faits reprochés à la grand-tante. L'affaire Grégoire continue donc de se concentrer sur les parents, dont le procès est très attendu.



