Cholestérol LDL : le seul indicateur crucial pour votre santé cardiovasculaire
Cholestérol LDL : l'indicateur clé pour votre cœur

Cholestérol LDL : le seul indicateur crucial pour votre santé cardiovasculaire

Nous savons tous que le cholestérol peut nuire à nos artères et à notre cœur, mais saviez-vous qu'il existe en réalité du « bon » et du « mauvais » cholestérol ? Comment s'y retrouver face à nos analyses de sang ? Comment interpréter correctement les chiffres qui y figurent ? À quel moment faut-il envisager un traitement médical ? Le Dr Théo Pezel, cardiologue hospitalo-universitaire à l'hôpital Lariboisière (AP-HP) à Paris, nous éclaire sur ces questions essentielles.

LDL, HDL, cholestérol total : démêler le vrai du faux

Sur nos bilans biologiques, plusieurs valeurs de taux de cholestérol apparaissent, pourtant il n'existe qu'un seul cholestérol. Il s'agit d'un lipide principalement fabriqué par le foie et apporté par l'alimentation, qui participe à la composition de nombreux éléments de notre organisme. Ce cholestérol est transporté dans le sang par deux types de protéines : les lipoprotéines de faible densité (LDL) et les lipoprotéines de haute densité (HDL).

Les HDL se chargent du transport du cholestérol depuis les organes vers le foie pour son élimination. On parle alors de « bon » cholestérol, car il ne reste pas dans nos vaisseaux sanguins. Les LDL, quant à elles, transportent le cholestérol depuis le foie vers les organes. Ce LDL-cholestérol peut se déposer dans les vaisseaux et former des plaques d'athérome, sources d'accidents cardiovasculaires, d'où sa réputation de « mauvais » cholestérol.

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Les analyses mentionnent également le cholestérol « total », qui correspond simplement à la somme du LDL, du HDL et des triglycérides.

Le LDL : l'unique valeur réellement pertinente

« Un seul type de cholestérol est vraiment important à considérer : le LDL, le fameux “mauvais” cholestérol », affirme le Dr Théo Pezel. C'est lui, et seulement lui, qui intéresse les médecins pour évaluer le risque cardiovasculaire.

« Les grandes études épidémiologiques ont démontré la supériorité pronostique du taux de LDL pour prédire les infarctus du myocarde, les accidents vasculaires cérébraux et la mortalité », détaille le cardiologue. « Il est nettement plus prédictif que les autres mesures lorsque l'on tient compte des autres facteurs de risque comme l'âge, le diabète, la consommation de tabac ou l'hypertension. »

Le LDL constitue la seule cible thérapeutique, c'est-à-dire le seul type de cholestérol pris en compte par les recommandations européennes et américaines pour initier des mesures hygiéno-diététiques ou un traitement médicamenteux.

Le HDL, vraiment protecteur ?

Considérer le HDL comme le bienfaiteur de nos artères, capable d'annuler les effets du LDL, serait une erreur. « Plus le taux sanguin de HDL est élevé, plus le risque d'accident cardiovasculaire baisse, c'est vrai », souligne le Dr Pezel. « Mais son impact, lorsqu'il est ajusté statistiquement sur les autres facteurs de risque, est significativement diminué. »

En clair, le HDL, aussi « bon » qu'il soit, pèse trop peu dans la balance. Surestimer son effet peut inquiéter à tort si son taux est bas, ou provoquer une fausse réassurance s'il est très présent.

La valeur du cholestérol total n'est pas plus utile. Un cas typique est celui du patient présentant un taux de cholestérol total supérieur à 2 g/L. « Cela peut inquiéter car cela dépasse la fourchette habituelle », explique le cardiologue. « Mais après analyse, on constate parfois que cette élévation est liée à un taux élevé de HDL, tandis que le LDL reste dans les valeurs cibles. Dans ce contexte, le profil lipidique est en réalité rassurant. »

Un objectif de LDL personnalisé selon votre risque

Un taux de LDL « dans les clous » sur le papier peut s'avérer trop élevé en réalité. « Souvent mes patients ont du mal à comprendre pourquoi je leur dis qu'ils ont trop de cholestérol alors que leur taux entre dans les normes du laboratoire », note le Dr Pezel. En réalité, l'objectif du LDL varie en fonction du niveau de risque cardiovasculaire de chacun.

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  • LDL < 1,26 g/L : limite supérieure pour les personnes sans facteur de risque
  • LDL < 1,16 g/L : à viser en cas de risque faible (un seul facteur de risque)
  • LDL < 1 g/L : en cas de risque modéré
  • LDL < 0,70 g/L : en cas de risque élevé
  • LDL < 0,55 g/L : en cas de très haut risque

« L'essentiel est d'avoir en tête son objectif et de se l'approprier », estime le cardiologue. « Un objectif numérique clair est un instrument de prévention très puissant. Comme l'ont résumé nos confrères américains : pour le LDL, “the lower, the better” (plus il est bas, mieux c'est) ! »

Comment atteindre son objectif de LDL ?

Lorsque les objectifs sont de 1,26, 1,16 ou 1 g/L, les médecins proposent d'abord d'adopter pendant 3 mois des règles hygiéno-diététiques éprouvées.

Première étape : arrêter de fumer. La consommation de tabac entraîne une anomalie du métabolisme des lipides et pousse l'organisme à stocker le LDL.

Deuxième étape : pratiquer une activité sportive cardio. « L'activité sportive d'endurance est un facteur extrêmement puissant pour prévenir les événements cardiovasculaires », insiste le Dr Pezel. « Des études nord-américaines ont montré qu'elle permettait de diminuer le LDL. Mais au-delà, le sport cardio limite les phénomènes inflammatoires et contribue à diminuer la tension artérielle. »

Prévoir deux ou trois séances de vélo, course à pied, ou sports aquatiques (natation, aquagym) de 45 minutes minimum.

Dans l'assiette : limiter les graisses saturées (charcuteries, fromages, produits ultratransformés) et ajouter des fibres alimentaires (légumineuses, avoine, fruits et légumes) qui diminuent l'absorption de ces graisses.

Si les objectifs ne sont pas atteints après trois mois, un traitement médicamenteux s'impose. Les statines, très efficaces, sont le premier choix. « L'introduction des statines permet une diminution du LDL cholestérol de 30 à 50 % », indique le cardiologue.

Lorsque le risque cardiovasculaire est plus important et les objectifs de LDL (0,70 ou 0,55 g/L) plus difficiles à atteindre uniquement par le sport et la diététique, les médecins ont tendance à débuter immédiatement un traitement.

Examens complémentaires : coroscanner et score calcique

En cas de taux de LDL trop élevé et en présence d'au moins deux autres facteurs de risque, des examens exploratoires sont recommandés pour vérifier si des dépôts ont commencé à se former sur les parois des artères.

« L'examen qu'on appelle score calcique permet de voir les plaques calcifiées », explique le cardiologue. « Le coroscanner est plus puissant car il permet aussi de visualiser les plaques “jeunes” en formation. »

À la lumière de ces informations, le médecin peut ajuster le traitement avec plus de précision. Pour certains patients déjà très consciencieux sur leur hygiène de vie, il n'y a parfois pas de « marge d'amélioration » et les traitements deviennent nécessaires.

« Ce sont souvent des femmes entre 65 et 75 ans, minces, qui présentent ce profil et vivent le fait d'avoir du cholestérol comme une injustice », explique le Dr Pezel. « Il est important de comprendre que l'âge, la ménopause, les prédispositions individuelles jouent beaucoup. Et de continuer à garder ses bonnes habitudes sportives et alimentaires. »