Anthéa : 48 dates ajoutées, 16 000 abonnés, le succès insolent du théâtre d'Antibes
Anthéa : 48 dates ajoutées, 16 000 abonnés, le succès insolent

Alors que la campagne d'abonnement vient à peine de commencer, le théâtre Anthéa d'Antibes affole déjà les compteurs. En seulement dix jours, l'établissement a dépassé le record de la saison dernière en franchissant la barre des 16 000 abonnés (15 950 en 2025-2026). Un chiffre qui continue de grimper et qui devrait aller au-delà des 17 000. Une performance exceptionnelle qui confirme la position d'Anthéa comme le deuxième théâtre de France en termes de fréquentation, juste derrière la Comédie-Française (Paris). Un succès insolent pour une ville de 70 000 habitants. Son directeur, Daniel Benoin, dévoile les coulisses de cette réussite et sa vision du spectacle vivant.

Un démarrage historique

Comment expliquez-vous un tel démarrage ? « C'est la suite logique d'une progression constante. Depuis l'ouverture d'Anthéa en 2013, si l'on met de côté la parenthèse du Covid, le nombre d'abonnés, de places vendues et de recettes augmente chaque année. Le public répond présent de manière exponentielle. Pour cette saison, nous avons enregistré 9 500 abonnés dès le tout premier jour. En seulement dix jours, nous avons dépassé notre record de la saison dernière. C'est du jamais vu », déclare Daniel Benoin.

48 dates supplémentaires pour répondre à la demande

Face à cette affluence, avez-vous déjà rajouté des dates ? « Dès le premier jour, nous avons compris qu'il fallait réagir pour ne pas laisser les gens sur le côté. En l'espace de huit jours, nous avons rajouté pas moins de 48 dates de représentations supplémentaires pour répondre à la demande », explique le directeur.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un public venu de loin

D'où viennent vos abonnés ? « Notre public vient de très loin : de San Remo (Italie) jusqu'à Toulon (Var). 50 % vivent dans la Communauté d'agglomération Sophia Antipolis (Casa) et environ 35 % font le trajet de Nice et de la métropole niçoise. Anthéa rayonne véritablement sur toute la région », précise Daniel Benoin.

Regard sur la situation culturelle à Nice

Quel regard portez-vous sur la situation culturelle à Nice ? « Quand je suis parti du TNN [théâtre national de Nice dont il a été le directeur de 2002 à 2012] pour arriver à Anthéa, la seule chose que je ne voulais pas, c'est que Nice devienne un simple réservoir pour Antibes. Il n'y a aucune raison. Mon opinion a un peu évolué sur la situation niçoise : l'idée actuelle de créer plusieurs lieux de spectacle plus petits dans différents quartiers de la ville [les Franciscains dans le centre et la Cuisine à l'ouest] est peut-être une bonne idée d'avenir pour être au plus près des gens qui s'y rendent à pied. Concernant le projet d'Éric Ciotti de mettre le théâtre à la Gare du Sud, je ne suis pas certain que le lieu soit le plus propice pour cela mais il a annoncé une étude et nous en verrons les résultats. Quoi qu'il en soit, je pense qu'il prendra des décisions pour défendre le théâtre. Pour moi, tout cela est et doit rester complémentaire. Plus il y a d'offre culturelle de qualité dans la région, mieux c'est. »

Un théâtre reconnu nationalement

Antibes est un théâtre reconnu au niveau national. Qu'est-ce que cela change concrètement ? « Cela change tout dans notre rapport avec les artistes. Le public d'Anthéa est devenu, en douze ans, un public de vrais connaisseurs. Les créateurs le savent et recherchent ce contact privilégié. Pour la saison à venir, sur 79 spectacles, nous avons 15 productions ou coproductions : des spectacles qui n'existent pas encore et vont naître chez nous. Aujourd'hui, nous recevons une vingtaine de demandes de très grands théâtres parisiens ou nationaux qui veulent venir répéter et créer leur spectacle ici avant d'aller à Paris. »

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Des projets d'expansion ?

Si les chiffres continuent de progresser, vous allez finir par devoir pousser les murs ? « [Rires] C'est amusant car c'est exactement la question que m'a posée le maire, Jean Leonetti : « Il faudrait qu'on fasse une salle de 2 500 places. » Je lui ai répondu qu'il valait mieux construire deux salles de 1 200 places, c'est bien plus adapté ! Plus sérieusement, notre bâtiment fait déjà 11 000 m², c'est l'un des plus grands théâtres construits en France ces vingt dernières années. Nous disposons de parkings, de trois espaces de restauration… C'est une machine formidable. Un jour, nous atteindrons notre plafond technique qui se situe autour de 380 représentations par saison mais pour l'instant, la structure tient le choc. »