Charles Biétry renonce à la Suisse après le vote des députés sur la fin de vie
Charles Biétry renonce à la Suisse après le vote des députés

Charles Biétry, figure emblématique de Canal+ et du monde du football, a annoncé renoncer à se rendre en Suisse pour un suicide assisté, après le vote des députés français en faveur d'une loi sur la fin de vie. Atteint de la maladie de Charcot, ce Breton de 82 ans avait longtemps exprimé son souhait de mourir dans la dignité. « Je ne mourrai pas en Suisse », a-t-il déclaré, saluant l'adoption du texte par l'Assemblée nationale.

Un revirement après des années d'attente

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Charles Biétry a expliqué que le vote des députés avait « changé le cours de (sa) mort ». Il avait précédemment envisagé de se rendre en Suisse avec son épouse Monique et ses enfants François et Juliette, qui seraient revenus avec ses cendres. « On partait tous les quatre. Monique, François, Juliette revenaient seuls avec mes cendres. Les députés ont changé le cours de ma mort », a-t-il écrit.

Malgré les souffrances liées à sa maladie, Biétry a choisi d'attendre que la France légifère. Mais d'autres patients n'ont pas eu cette force. En 2022, Emmanuel Macron avait promis un texte sur la fin de vie durant son mandat, mais certains n'ont pas pu attendre.

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Des Français de plus en plus nombreux à mourir à l'étranger

Selon les registres belges et suisses, 158 Français ont eu recours au suicide assisté en 2025, un chiffre en nette augmentation. En Belgique, les Français représentaient 90 % des étrangers ayant recours à l'euthanasie, soit 110 personnes sur un total de près de 4 500 (y compris les Belges). Ce nombre a doublé par rapport à 2022. La Belgique autorise l'euthanasie depuis 2002, sous condition de demande « volontaire, réfléchie, répétée et sans pression extérieure ». Depuis 2014, elle est même ouverte aux mineurs sans limite d'âge, mais un seul mineur y a eu recours l'an dernier.

En Suisse, l'association Dignitas a accompagné 48 Français en 2025, un chiffre stable depuis dix ans, portant à 654 le nombre total de Français ayant eu recours à ses services depuis 1998. À titre de comparaison, 1 500 Allemands ont fait le même voyage en Suisse l'an dernier.

Un processus législatif encore long

En France, la loi adoptée par les députés doit encore être examinée par le Conseil constitutionnel, probablement autour du 15 août. Ensuite, le président de la République devra promulguer le texte, puis des décrets d'application seront rédigés. L'application effective de la loi pourrait donc prendre plusieurs mois. D'autres pays comme les Pays-Bas, l'Espagne, l'Autriche, le Canada, la Nouvelle-Zélande et l'Australie autorisent également le suicide assisté.

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