Anastasiia Berezovska impliquée dans une tentative d'assassinat en Espagne ?
Quelques mois avant de déposer un sac à dos piégé sur le perron d’un immeuble monégasque, Anastasiia Berezovska, mère de famille sans antécédents judiciaires connus, aurait-elle participé à une précédente opération secrète fomentée par les services spéciaux ukrainiens ? Anatoly Shariy, dissident ukrainien réfugié en Espagne, en est convaincu. Ce blogueur de 47 ans, qui compte plus de deux millions de followers, n’hésite pas à s’en prendre violemment aux institutions de son pays, voire au président Zelensky lui-même, au point de s’attirer les foudres de la justice ukrainienne.
Trois tentatives d'assassinat contre Shariy
Anatoly Shariy affirme avoir été la cible de trois tentatives d’assassinat en l’espace de trois ans. La dernière remonte à mai 2026. Il prétend, vidéos à l’appui, que deux hommes armés l’attendaient devant le tribunal de la province de Tarragone où il devait comparaître. Selon lui, ces hommes de main auraient été recrutés et payés par la direction du renseignement militaire ukrainien (GUR). Ce service se trouve dans la tourmente depuis qu’un de ses agents, Vladislav Reut, a reconnu sa participation au meurtre d’Anastasiia Berezovska. Selon le journal Ukrainska Pravda, l’officier aurait précisé avoir mené d’autres « opérations » avant Monaco impliquant cette Ukrainienne de 39 ans réfugiée en Allemagne. Le nom d’Anatoly Shariy aurait même été mentionné.
Un passage par Tarragone ?
Le blogueur a mené sa propre enquête. « Bien avant que la mort de Berezovska ne soit rendue publique, nous nous intéressions déjà à ses activités, explique son épouse Olga. Nous avons retrouvé des messages qu’elle avait publiés sur Telegram et identifié certains des groupes auxquels elle participait. » C’est ainsi que le couple aurait « découvert qu’au printemps dernier, elle s’était rendue en Espagne, plus précisément à Tarragone — la zone exacte où nous possédons une maison et où, quelques semaines plus tard, une tentative d’assassinat a visé Anatoly ». En guise de preuve, le dissident livre une capture d’un échange sur Telegram où apparaît une certaine Anastasia Akieva, pseudonyme qu’il attribue à Berezovska. Il publie également des portraits de la jeune femme, dont la ressemblance avec la poseuse de bombe de Monaco est toute relative, les deux n’ayant pas la même couleur d’yeux.
« Le Français » pointé du doigt
Comment expliquer les déclarations auto-incriminantes de l’officier Vladislav Reut et la multiplication des tentatives d’élimination de ressortissants ukrainiens en Europe ? Avant Vadim Ermolaev, l’homme d’affaires visé avec sa famille par une bombe en Principauté, il y a eu trois tentatives d’assassinat contre Shariy en Espagne. Un autre journaliste controversé, Stanislav Dombrovsky, a subi le même sort en Suisse. Andriy Portnov, ancien chef adjoint de l’Administration présidentielle d’Ukraine sous Viktor Ianoukovytch, a été abattu de cinq balles à Madrid devant l’école de son fils. Anatoly Shariy, qui le considérait comme un « ami », y voit l’œuvre d’un « bataillon de la mort » créé pour éliminer les ennemis de l’Ukraine. Il pointe du doigt un exécutant potentiel, Volodymyr T., surnommé « le Français », établi en région parisienne, dont le frère appartiendrait au renseignement militaire.



