Le réchauffement climatique n'est pas homogène à l'échelle du globe. Après les régions arctiques, le bassin méditerranéen figure en deuxième position des secteurs les plus sensibles, ce qui lui vaut la dénomination de « hot spot » du changement climatique.
Des étés plus chauds et plus secs
Les experts de Météo France ont affiné leurs projections jusqu'à l'échelon régional. « À l'horizon 2050, on est sur une France à +2,1 °C et une région Provence-Alpes-Côte d'Azur à +2,2 °C », détaille Pierre Bonnin, responsable adjoint du service de prévision et de climatologie de Météo France dans la région. Cette moyenne régionale de +2,2 °C est une valeur annuelle, qui comprend hiver comme été, du littoral jusqu'au sud du massif alpin.
En été, le réchauffement sera plus intense. « +2,6 °C ou +2,8 °C de réchauffement climatique en été, on va l'atteindre très probablement à l'horizon 2050 », précise encore Pierre Bonnin, en considérant les projections pour le Var et les Alpes-Maritimes.
Des vagues de chaleur inédites
Ce début d'été 2026 est « typique des simulations du changement climatique », avec des extrêmes qui deviennent possibles sur des périodes de l'année beaucoup plus larges. « Il y a 30-40 ans, les vagues de chaleur se produisaient en juillet ou en août. Cette année, c'est en mai », souligne Pierre Bonnin.
Alors que « le centre-ouest a flirté avec les 44 °C », le sud-est de la France a été relativement épargné jusqu'à maintenant. « Mais on s'attend à des épisodes de températures extrêmes très marquées, dans le futur », ajoute-t-il.
Un réchauffement deux fois plus rapide en Europe
Depuis les années 1980, l'Europe tout entière s'est réchauffée deux fois plus vite que le reste du monde. À Nice, où les valeurs annuelles sont mises en perspective depuis six décennies, il est flagrant que les écarts à la normale se creusent. Depuis le milieu des années 1980, les années plus fraîches ont disparu. La température annuelle moyenne monte.
Si les successions d'années sèches et humides sont « normales en climat méditerranéen », par contre « l'intensité des vagues de chaleur et la période sont totalement inédites », conclut Pierre Bonnin.



