Face aux canicules, les malades chroniques en détresse
Canicules : les malades chroniques éprouvés

Alors que les épisodes de canicule se multiplient en France, les personnes souffrant de maladies chroniques paient un lourd tribut. Diabétiques, insuffisants cardiaques, asthmatiques : tous voient leur quotidien bouleversé par la chaleur extrême, sans bénéficier d'un accompagnement suffisant de la part des pouvoirs publics. « C'est la débrouille », confie un patient diabétique dans un article de Libération, résumant le sentiment de nombreux malades.

Des risques accrus pour les plus vulnérables

Les fortes chaleurs aggravent les symptômes de nombreuses pathologies chroniques. Selon Santé publique France, les températures caniculaires entraînent chaque année environ 1 500 décès supplémentaires, dont une part importante concerne des personnes déjà fragilisées par une maladie de longue durée. La déshydratation, la surchauffe corporelle et les déséquilibres médicamenteux sont autant de dangers qui guettent ces patients.

« Quand le mercure dépasse les 35 degrés, mon insuffisance cardiaque s'aggrave », explique une retraitée de 68 ans, suivie pour une maladie cardiovasculaire. « Je dois augmenter mes diurétiques, mais sans suivi médical, j'ai peur de faire une erreur. »

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Un manque d'accompagnement criant

Malgré les alertes répétées des associations de patients, les dispositifs d'alerte et de soutien peinent à prendre en compte les spécificités des maladies chroniques. Les recommandations générales (boire de l'eau, se rafraîchir) ne suffisent pas. Par exemple, un patient sous anticoagulant doit adapter sa consommation d'eau, tandis qu'un diabétique doit surveiller son taux de sucre plus souvent.

« Les autorités sanitaires diffusent des messages trop généralistes, déplore une infirmière en coordination. Il faudrait des conseils personnalisés, un contact téléphonique régulier, surtout pour les personnes isolées. »

Des solutions individuelles face à l'absence de politique publique

Faute de prise en charge, les malades s'organisent comme ils peuvent. Certains investissent dans des climatiseurs mobiles, d'autres modifient leurs horaires de sortie ou sollicitent leur entourage. « Mon voisin m'a prêté un ventilateur, mais ce n'est pas suffisant », témoigne un homme de 72 ans atteint de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). « On se sent oublié. »

Les réseaux associatifs tentent de pallier les carences. France Assos Santé a lancé une campagne de sensibilisation sur les gestes à adopter, mais son impact reste limité. « Nous demandons un plan canicule spécifique pour les malades chroniques, avec des visites à domicile et des aides financières pour l'achat de matériel », explique sa présidente.

Le changement climatique aggrave la situation

Les prévisions météorologiques indiquent une augmentation de la fréquence et de l'intensité des canicules dans les années à venir. Pour les 15 millions de Français atteints d'une affection de longue durée, cette perspective est alarmante. « Chaque été est plus dur que le précédent », déplore une mère de famille dont l'enfant est diabétique de type 1. « On a l'impression de survivre plus que de vivre. »

Les experts appellent à une adaptation urgente du système de santé. « Il faut former les professionnels aux risques spécifiques, améliorer le suivi à distance et intégrer les maladies chroniques dans les plans de gestion des vagues de chaleur », insiste un chercheur en santé publique.

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