« Le chirurgien parle de "tirs" sur la tumeur et c’est au millimètre près avec Focale One », raconte, admiratif, Claude Pierre. Cet homme de 75 ans a bien retenu le nom de l’engin robotisé grâce auquel il a été opéré d’un cancer de la prostate, il y a maintenant deux mois. Avec cette technique, la sonde guidée par l’urologue émet des ondes ultrasonores qui ciblent la zone tumorale avec une grande précision.
Une alternative remboursée depuis 2023
Cette alternative à la chirurgie classique - qui consiste en l’ablation complète de la prostate - est remboursée depuis le début de l’année, après avoir fait ses preuves lors d’une étude clinique lancée en 2015 et menée à Clermont-Ferrand. Et Claude Pierre, qui vit dans la région, a été l’un des premiers patients à en bénéficier.
Une tumeur « bien placée » et de « taille minime »
« J’étais suivi depuis quinze ans car j’avais des PSA (des antigènes spécifiques de la prostate) qui étaient en dent de scie, retrace le septuagénaire. Et puis d’un seul coup, ça s’est mis à exploser. » Son chirurgien lui propose alors trois options : l’ablation, la radiothérapie et les ultrasons. « Il avait fait une thèse sur les ultrasons et c’est une méthode qu’il pratique depuis une quinzaine d’années. » Claude a choisi cette méthode. Pour en bénéficier, il faut toutefois remplir quelques conditions, notamment que la tumeur soit « bien placée » et de « taille minime ». L’appareil Focal One se déplace dans plusieurs établissements à travers la France, en fonction des besoins.
Une convalescence express
Deux mois après son intervention, le septuagénaire est en pleine forme. « La convalescence est vraiment express », sourit Claude Pierre, qui parle d’une intervention rapide et sans douleur. Il est sorti après seulement 24 heures d’hospitalisation, sans la moindre complication. « Le problème que l’on a, c’est un peu d’incontinence mais qui s’atténue vraiment, rapporte-t-il. Et au niveau des troubles de l’érection, c’est aussi revenu à la normale. » Le septuagénaire n’hésite pas à aborder ces aspects sensibles, refusant que le cancer de la prostate « soit un sujet tabou ».
« Je peux vaquer à toutes mes occupations »
Sans traitement médical depuis, il reverra son chirurgien dans trois mois et reste suivi pour le contrôle des PSA, tous les six mois. « Je peux vaquer à toutes mes occupations, comme la rando, apprécie-t-il. Je n’ai pas de médicaments ni de recommandations particulières, c’est incroyable ! » Plus le cancer est détecté tôt, plus il pourra être pris en charge efficacement. « À partir de 50 ans, il faut commencer à se faire suivre », insiste le septuagénaire qui confie avoir fait de la prévention auprès de son fils qui s’apprête justement à souffler sa cinquantième bougie. « Mais bon, il travaille en milieu hospitalier et je pense qu’il est déjà sensibilisé. »



