Une lettre ouverte chargée d'émotion
Dans une lettre ouverte publiée le 30 juillet 2026, l'écrivain tunisien Taoufik Ben Brik, 65 ans, s'adresse à Chawki Tabib, avocat et ex-bâtonnier récemment incarcéré. Ben Brik, connu pour son opposition au régime de Ben Ali et ses écrits incisifs, exprime sa solidarité avec Tabib, tout en dénonçant l'atmosphère de peur qui règne en Tunisie. Tabib a été condamné fin mai 2026 à dix ans de prison pour « falsification » de documents durant sa présidence de l'Instance nationale de lutte contre la corruption.
Un cri d'alarme sur la situation tunisienne
À travers sa lettre, Ben Brik décrit une Tunisie en proie à une répression croissante. « Il y a dans l'air la peur, et dans la peur la fureur », écrit-il, citant des vers de William Blake. Il évoque des difficultés quotidiennes comme le prix de la viande, qui atteint 70 000 millimes (environ 21 euros) le kilo, symbole d'une crise économique. Ben Brik, qui a été emprisonné sous Ben Ali en 2009 et de nouveau en 2020 sous le régime de Kaïs Saïed, voit dans le sort de Tabib un signe du durcissement du régime. Il rappelle que les opposants subissent « incarcération, arrestations, sentences fantasmagoriques et campagnes de lynchage ».
Un appel à la résistance
Ben Brik, se décrivant comme un « maquisard de la plume », affirme malgré son âge et sa lassitude continuer à écrire avec « plaisir et rage ». Il cite Tabib lui-même depuis sa prison : « Et la peur se transformera en furie. Tu veux le voir ce jour-là ? » La lettre reflète un sentiment de révolte et d'espoir ténu, mêlé à la conscience d'une société bâillonnée. « Les gens ont perdu la parole et le nord », constate Ben Brik, décrivant une population figée par la peur. Ce témoignage, publié initialement par Maghreb Tribune, est une tribune libre qui n'engage que son auteur.



