Moins d’un adulte de 18 à 75 ans sur cinq fumait quotidiennement en 2024, selon le bilan annuel de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) publié ce mercredi. Il s’agit de la prévalence la plus faible jamais enregistrée depuis 2000. Le tabagisme chez les jeunes est également en recul, quelle que soit la fréquence d’usage considérée.
Baisse des ventes de tabac
Les volumes de tabac vendus dans le réseau des buralistes ont diminué de 8,2 % en 2025 par rapport à 2024. Les départements frontaliers sont moins concernés par cette baisse que les années précédentes. Depuis 2017, les ventes ont chuté de moitié dans les départements frontaliers (-50,3 %) et à peine moins dans les autres (-43,6 %).
Hausse des prix
Les ventes de cigarettes et de tabac à rouler sont en recul (-8,7 % et -9,6 %), alors que les prix ne cessent de croître. Le paquet de la marque la plus fumée coûte désormais 13 euros, contre 7,05 euros en 2017. Même constat pour le tabac à rouler : le paquet était à 11,47 euros il y a neuf ans, il est aujourd'hui à 23,90 euros. En revanche, les ventes d’autres produits du tabac restent stables. La part de marché de ces derniers a plus que doublé depuis 2017, passant de 3 % à 8 % en 2025.
Chiffre d’affaires stable
Le chiffre d’affaires global du tabac en France continentale atteint 18,4 milliards d’euros en 2025 et s’avère stable depuis 2017, avec un taux de croissance annuel moyen de 0,2 %. L’indice de chiffre d’affaires du commerce de détail de produits à base de tabac en magasin spécialisé a augmenté de 46,06 % depuis 2021.
Progression du vapotage
Cette hausse s’explique notamment par le marché des produits du vapotage, en forte croissance, tout comme les usages. 6,1 % des adultes vapotent quotidiennement en 2023 et 6,8 % des lycéens en 2024, contre respectivement 2,7 % et 3,8 % en 2022. Or, la cigarette électronique fait l’objet de nombreux débats, s’articulant à la fois autour de son rôle dans l’aide au sevrage tabagique et de la potentielle « porte d’entrée » vers le tabagisme qu’elle peut constituer pour les plus jeunes.
« S’agissant de l’aide à la réduction et à la sortie du tabagisme, la littérature scientifique a mis en évidence les bénéfices potentiels de la cigarette électronique », précise le rapport, comme un outil de réduction des risques liés à la consommation de tabac et d’aide au sevrage tabagique chez les adultes fumeurs. Mais, il existe également « des données scientifiques susceptibles d’alerter sur le risque éventuel d’entrée dans le tabagisme chez les jeunes non-fumeurs qui vapotent », préviennent les auteurs de ce bilan annuel.



