Les Assises du financement des universités, dont le rapport a été rendu public le 24 juin 2026, préconisent des mesures chocs : multiplication par cinq des frais d'inscription et ouverture à une réduction du nombre d'étudiants. Ces propositions, qualifiées d'explosives par les syndicats étudiants, visent à résoudre la crise de financement chronique de l'enseignement supérieur français.
Des frais d'inscription multipliés par cinq
Le rapport propose de faire passer les frais d'inscription en licence de 170 euros à 850 euros, soit une multiplication par cinq. En master, ils passeraient de 243 euros à 1 215 euros, et en doctorat de 380 euros à 1 900 euros. Selon le président des Assises, Jean-Michel Blanquer, cette mesure permettrait de générer 1,2 milliard d'euros supplémentaires par an, soit l'équivalent de 10 % du budget actuel des universités.
Réduction du nombre d'étudiants
Le rapport ouvre également la voie à une réduction du nombre d'étudiants dans les universités, en proposant de conditionner l'accès à certaines filières à des critères de sélection plus stricts. « Il faut cesser de croire que tous les bacheliers doivent aller à l'université », a déclaré Jean-Michel Blanquer lors de la présentation du rapport. Cette mesure vise à réduire le taux d'échec en premier cycle, qui atteint 60 % selon les chiffres du ministère.
Réactions des syndicats étudiants
Les syndicats étudiants ont immédiatement condamné ces propositions. L'UNEF a dénoncé « une marchandisation de l'enseignement supérieur » et appelé à une grève nationale le 1er juillet 2026. « Ces mesures excluraient des milliers d'étudiants issus de milieux modestes », a déclaré la présidente de l'UNEF, Léa Filoche. De son côté, la FAGE a estimé que « ces propositions sont une déclaration de guerre contre l'égalité des chances ».
Un contexte de crise financière
Les universités françaises font face à une crise financière sans précédent, avec un déficit cumulé de 1,5 milliard d'euros en 2025. Le rapport des Assises estime que sans réforme, ce déficit pourrait atteindre 3 milliards d'euros en 2030. Les mesures proposées visent à rétablir l'équilibre budgétaire, mais suscitent une vive opposition.
Prochaines étapes
Le rapport sera examiné par le gouvernement à la rentrée 2026. La ministre de l'Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, a indiqué que « toutes les pistes seront étudiées, mais aucune décision n'est prise ». Une consultation nationale des acteurs de l'enseignement supérieur est prévue pour septembre 2026.



