Asalée en péril : les infirmières dénoncent une mainmise de l'État sur leur réseau indépendant
Asalée : les infirmières dénoncent une mainmise de l'État

Asalée en crise : les infirmières libérales dénoncent une mainmise étatique

Ce vendredi 27 mars, le tribunal judiciaire de Paris examine la situation critique de l'association Asalée, placée en cessation de paiements début mars. Cette audience cruciale intervient alors que les salaires des quelque 2 000 infirmières du réseau, non versés depuis février, suscitent une vive inquiétude. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a toutefois assuré mardi que ces rémunérations seraient « très rapidement payées » après une prochaine audience.

Un réseau attaché à son indépendance menacé

Les difficultés financières d'Asalée trouvent leur origine dans le refus de l'Assurance maladie, son principal financeur à hauteur d'environ 100 millions d'euros annuels, de poursuivre ses versements. L'organisme exige la mise en œuvre de réformes de gestion préconisées par un rapport de l'Inspection générale des aff sociales, rendu public en juillet dernier.

Pour Magali Courbes, infirmière au sein d'Asalée dans le Gers depuis six ans, ce rapport sert de prétexte à une mainmise des pouvoirs publics sur un réseau qui fonctionne pourtant efficacement. « Il s'agit pour les pouvoirs publics d'opérer une mainmise sur ce réseau qui fonctionne si bien », estime-t-elle. « On pourra alors nous imposer des protocoles décidés depuis des bureaux à Paris, tandis que nos accompagnements s'appuient sur les constats de terrain. »

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Un modèle unique de coopération en péril

Fondé en 2004, Asalée repose sur une coopération inédite entre médecins généralistes et infirmières diplômées d'État (IDE). Le réseau met en œuvre une éducation thérapeutique au bénéfice de patients atteints de maladies chroniques, telles que :

  • Le diabète
  • La prévention des risques cardiovasculaires
  • Le dépistage de troubles cognitifs

Les infirmières n'y pratiquent pas d'actes techniques mais accompagnent le patient pour qu'il comprenne sa maladie, ses symptômes et ajuste son hygiène de vie. « C'est important pour son adhésion au traitement, on constate qu'il décompense moins et au final, qu'il consomme moins de médicaments », pointe Magali Courbes. « Nos accompagnements font faire des économies au système de santé. »

Vers une transformation en SCIC ?

Après le déclenchement du régime de garanties des salaires, attendu après l'audience au tribunal, et une mise sous surveillance d'au moins six mois renouvelable, l'association espère prouver sa bonne gestion. « On espère prouver qu'on n'a rien à se reprocher et pouvoir continuer dans notre projet de transformer l'association en Société coopérative d'intérêt collectif (SCIC) », conclut Magali Courbes, chargée d'accompagner les nouvelles équipes.

Le réseau, qui revendiquait en février 2024 pas moins de 2 963 implantations en France métropolitaine et en Outre-mer, continue d'attirer les soignants. Asalée reçoit ainsi entre 3 000 et 4 000 candidatures par an d'infirmiers souhaitant rejoindre ses rangs, témoignant de l'attractivité persistante de son modèle malgré les turbulences actuelles.

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