Devant l’Assemblée nationale, le député socialiste Iñaki Echaniz a interpellé mardi 26 mai la ministre de la Santé sur la situation critique des établissements de santé dans le Béarn. Confrontés à des difficultés de financement et de recrutement de médecins, ces hôpitaux voient leurs services se dégrader.
Des services menacés de fermeture
« Je vous ai déjà alertée il y a quelques semaines sur la fermeture du bloc opératoire tous les week-ends à Oloron-Sainte-Marie, conséquence des difficultés à trouver des médecins volontaires pour assurer les astreintes », a rappelé le député. « Aujourd’hui, c’est le service de gériatrie qui pourrait fermer ses portes, faute de médecins, titulaires comme intérimaires. »
Iñaki Echaniz a également évoqué la situation de la polyclinique Pau Pyrénées, en proie à de sérieuses difficultés financières et de recrutement. Il a demandé : « Que devons-nous répondre aux habitants et aux soignants qui s’interrogent sur la pérennité des prises en charge comme sur leurs emplois, à Oloron, à Pau comme dans l’ensemble des hôpitaux de proximité ? »
La question de l’intérim hospitalier
Le député a souligné que la ministre avait reconnu que le recours massif à l’intérim, notamment aux urgences, n’était « pas une solution pérenne ». Il a ajouté : « Je vous le concède, 5 000 euros pour 48 heures de garde, ça fait beaucoup. »
Alors que la proposition de loi transpartisane visant à mieux réguler l’installation des médecins généralistes sera examinée au Sénat le 11 juin, Iñaki Echaniz a interrogé la ministre : « Êtes-vous prête à encadrer réellement l’intérim hospitalier au profit d’une revalorisation des rémunérations des médecins et professionnels de santé titulaires ? »
La réponse de la ministre
La ministre de la Santé a esquivé la question de l’encadrement de l’intérim hospitalier. Elle a rappelé les annonces d’investissements de 6 milliards d’euros de l’État dans les dix prochaines années pour les cliniques et hôpitaux de l’Hexagone, « en contrepartie d’avancements sur la coopération ».
« À Pau comme à Oloron, il s’agit d’adapter l’organisation entre les établissements du territoire avec plus de coopération pour l’accès aux soins de qualité », a-t-elle déclaré. Elle a également précisé que l’Agence régionale de santé était « mobilisée pour faire évoluer les activités de la polyclinique et, surtout, accompagner les salariés ».
Les personnels de la polyclinique prévoient une nouvelle mobilisation vendredi 29 mai à Pau pour dénoncer la situation.



