Ablation thyroïde : un stylet innovant pour protéger les parathyroïdes
Ablation thyroïde : un stylet protège les parathyroïdes

Éradiquer la pathologie tout en épargnant les structures voisines. Lorsqu'il faut retirer la thyroïde, que ce soit pour traiter un cancer ou un goitre volumineux, les chirurgiens sont confrontés à ce double défi.

Si la préservation des nerfs de la voix est désormais bien maîtrisée, celle des glandes parathyroïdes, tout aussi cruciale pour la qualité de vie des patients, reste parfois problématique. Elles sont en effet minuscules et noyées dans la graisse ; dès lors, le risque de les léser ou de les enlever par mégarde, lors d'une opération de la thyroïde est important, relatent le Pr Alexandre Bozec et le Dr Grégoire Dandrea, chirurgiens ORL à l'IUFC (CAL/CHU) à Nice.

Un pas important en termes de sécurité

Un pas important en termes de sécurité vient d'être franchi avec l'acquisition par cet établissement de référence d'un nouveau système de détection peropératoire des glandes parathyroïdes. Le premier de ce type en région Sud (système PTeye™, développé par Medtronic).

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Composé d'une console et d'un stylet à usage unique, il repose sur le principe de l'autofluorescence. En contact avec les tissus, l'appareil analyse un signal spécifique confirmant ou non la nature parathyroïdienne de la structure examinée, explique le chirurgien. Cet outil permet un étalonnage en temps réel : en comparant le signal de la thyroïde à celui de la zone suspecte, le chirurgien obtient une confirmation sonore et visuelle. Grâce à cet outil innovant, l'intervention est sécurisée, rapportent le Dr Dandréa et le Pr Bozec.

L'expertise humaine renforcée par la machine

Le matériel étant coûteux (environ 300 € le stylet jetable par intervention), l'équipe a fait le choix de cet investissement pour les cas les plus complexes : cancers étendus ou maladie de Basedow (hyperthyroïdie auto-immune). Mais son utilisation pourrait s'étendre dans le futur, comme cela a été le cas pour le neurostimulateur destiné à protéger les nerfs de la voix. Au début, on l'utilisait pour les cas difficiles, puis les coûts ont baissé et aujourd'hui, on ne conçoit plus d'opérer sans, rappellent les spécialistes.

Avec une centaine d'interventions par an, l'établissement mise sur cette ultraspécialisation pour réduire la morbidité associée à ce type d'opérations. Plus le volume d'actes est élevé, plus les complications diminuent, concluent les chirurgiens, qui envisagent déjà de constituer une cohorte de patients pour évaluer scientifiquement le bénéfice de ce nouveau compagnon de bloc.

Un rôle vital des parathyroïdes

Le rôle des parathyroïdes est vital : elles régulent le taux de calcium dans le sang. Une lésion entraîne une hypoparathyroïdie. En postopératoire immédiat, cela provoque une baisse de la calcémie. Les conséquences sont des fourmillements dans les doigts, des crampes, voire des malaises ou une fatigue chronique, précisent les spécialistes. Si ces symptômes sont souvent transitoires, ils deviennent définitifs dans 1 à 2 % des cas. Le patient est alors condamné à prendre du calcium et de la vitamine D à vie. Pour un patient jeune, l'impact sur le quotidien est loin d'être anodin.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale