Depuis samedi, une unité de dix forestiers-sapeurs venue des Bouches-du-Rhône est à pied d'œuvre dans le secteur de Montfort, dans le Var. Leur mission : créer des coupures de combustible pour empêcher tout nouveau départ de feu. Alors que l'incendie a déjà ravagé près de 6 000 hectares, ces acteurs méconnus jouent un rôle crucial dans la lutte contre les flammes.
Une méthode radicale pour stopper le feu
Équipés de trois tracteurs forestiers, ils déboisent les zones jugées à risque. « Grâce à ces coupures de combustible, on évite que le feu ne prenne de l'ampleur ou de la vitesse s'il arrive jusqu'ici, et qu'il ne devienne rapidement incontrôlable », explique Guillaume Berenger, chef adjoint de cette unité. Leur action se concentre notamment autour de la déchèterie Terrubi, au Val, où les opérations ont eu lieu dimanche.
Les sapeurs-pompiers, quant à eux, parcourent sans relâche les quelque 200 kilomètres de lisières pour noyer les points chauds et éviter que les fumerolles ne redeviennent des brasiers. Trois tracteurs forestiers sont également engagés pour déboiser les zones sensibles.
Des acteurs essentiels à la prévention
Les forestiers-sapeurs interviennent toute l'année. « L'hiver, notre travail consiste à débroussailler et l'été on intervient sur les feux naissants », précise Guillaume Berenger. Ils sont missionnés par le chef des opérations de secours pour réaliser des coupures stratégiques là où le feu s'est arrêté.
Leur action est d'autant plus cruciale que les autorités redoutent une répétition de l'histoire. « En superposant les cartographies des feux de 2026 et de 1965, elles se sont aperçues que le feu de cette année prenait exactement la même direction que celui de 1965 », rapporte Guillaume Berenger.
Créer des pistes pour les secours
Outre le déboisement, les forestiers-sapeurs créent des pistes DFCI (Défense des forêts contre les incendies). « Cela permet aux véhicules de secours de s'engager dans des zones jusqu'alors difficiles d'accès. En clair, on rend le massif forestier carrossable tout en le sécurisant », souligne-t-il.
Abattre des arbres est une nécessité absolue pour eux. « On peut dire que c'est détruire une petite partie pour en préserver une très grande », résume-t-il, précisant que « ce que l'on coupe actuellement représente environ 4 à 6 hectares, mais cela permettra, en retour, de protéger des milliers d'hectares ».
Un impact environnemental maîtrisé
Guillaume Berenger assure que cette action n'aura « aucune incidence sur l'environnement : nous allons laisser les broyats au sol, ce qui va permettre de l'enrichir et d'éviter l'érosion ». Une approche qui allie efficacité et respect de la nature.
Alors que la lutte continue sur le terrain, ces forestiers-sapeurs apparaissent comme des acteurs clés pour éviter que le feu ne se propage à nouveau et pour protéger les habitants et les forêts du Var.



