Zidane à Clairefontaine : les papas retrouvent leur héros
Zidane à Clairefontaine : les papas retrouvent leur héros

À Clairefontaine, lors de l'entraînement des Bleus ouvert au public, ce sont les papas qui avaient des étoiles dans les yeux. Environ 300 personnes étaient présentes ce mardi au bord du terrain, et le héros de leur adolescence, Zinédine Zidane, dirigeait la séance en survêtement de l'équipe de France. Un engouement particulier, qui illustre l'effet Zidane, cette fascination exercée même chez des quadragénaires bien installés dans la vie.

Stéphane, 44 ans, venu de Dourdan avec son fils

Stéphane, 44 ans, est venu de Dourdan avec son fils Esteban, 5 ans, et son maillot France 98 floqué du numéro 10. « Je lui ai expliqué que c'était notre héros, et je lui ai montré des vidéos de quand il jouait, raconte le papa. Zidane, c'est mon enfance et mon adolescence, 98 je m'en souviens comme si c'était hier. Je suis super heureux et fier de le voir à la tête de cette équipe. J'ai même encore du mal à réaliser, j'ai besoin de le voir à l'œuvre je crois pour bien me rendre compte. »

Esteban, lui, est « un peu fâché » : il espérait voir Kylian Mbappé, mais le capitaine des Bleus, malade, a déclaré forfait pour l'entraînement au dernier moment. Lors de la séance d'autographes organisée avant l'entraînement, plusieurs enfants se demandaient quand allait arriver le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde. C'est finalement Ousmane Dembélé qui a remporté l'applaudimètre, avec des « Ousmane Ballon d'or » qui l'ont fait sourire.

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Une légende, « tout simplement »

Zinédine Zidane ne s'est pas mêlé à ses joueurs pour la séance de signatures et photos, rejoignant le terrain au dernier moment pour ne pas voler la vedette à ses hommes. L'équipe de France a désormais la particularité d'avoir un entraîneur au moins aussi adulé que ses plus grandes stars. « C'est une légende, il a une aura que personne n'a », observe François, trentenaire venu avec un maillot floqué du numéro 10 de Mbappé. Il garde un souvenir amer de la défaite en finale de 2006 contre l'Italie : « La Coupe du monde 2006, j'ai pleuré. J'avais acheté plein de feu d'artifice et j'étais dégoûté de ne pas pouvoir les utiliser. Ça reste un moment très dur. »

François, qui n'a pas connu la victoire de 1998, considère Zidane comme une référence absolue : « Il a gagné le Ballon d'or, la Ligue des champions comme joueur et entraîneur. Dans le vestiaire, on se dit qu'il doit avoir une autorité naturelle. C'est un joueur légendaire, tout simplement, et ça fait très envie de le voir à ce poste aujourd'hui. » En attendant ses premiers pas en match officiel, tout le monde l'observe piloter l'entraînement, en compagnie de son adjoint David Bettoni.

Le jeu, toujours

Très vite, des « Zizou, Zizou » descendent des tribunes. Quand les joueurs font des petites oppositions, chacun aimerait voir le sélectionneur faire le cinquième. Quelques touches de balle suffisent à ravir le public. « On savait que le voir à ce poste allait arriver, mais on a quand même l'impression que ce n'est pas réel », souffle Stéphane. La veille, sous les yeux des médias, Zidane avait régalé en distillant les centres pour l'exercice de frappes devant le but. « On a tous été fans de lui étant jeunes, donc c'est un plaisir. On a vu qu'il avait encore de beaux restes, ça va être difficile de les reproduire », se marrait Dayot Upamecano à la sortie du terrain. « Quoi de mieux de recevoir des ballons de Zidane pour un travail devant le but ? », interrogeait de son côté Esteban Lepaul, dont quelques volées bien claquées ont reçu les félicitations du patron. Maxence Lacroix, de son côté, parlait de sa « fierté » d'avoir un sélectionneur de ce pedigree.

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Dans ces premiers jours de ZZ dans le costume, le travail est axé sur le jeu avec ballon. Alors que la séance du lundi était auparavant plutôt centrée sur la course pour décrasser les corps des matchs du week-end, Zidane et Bettoni ont réservé aux joueurs ateliers techniques et petits jeux ludiques dès les premiers pas sur le terrain. Ce mardi, les joueurs ont passé leur temps ballon au pied, encouragés par le staff à combiner, tout plus vite. Les nouveaux venus, Lucas Da Cunha et Esteban Lepaul en tête, se sont vite mis au diapason des plus expérimentés. « On était un peu en fin de cycle avec Didier Deschamps, mais c'est normal au bout de 14 ans. C'est bien de voir du nouveau, de la fraîcheur, d'autres joueurs, estime François depuis les tribunes. Il fallait un regard neuf sur l'effectif, c'était le bon moment. » Zizou est sélectionneur, il fait beau, tout le monde est heureux… et la lune de miel va s'étirer encore un peu.