Projet de loi protection enfance : un « gloubi-boulga » de mesures peu ambitieuses
Protection enfance : un projet de loi peu ambitieux

Le projet de loi sur la protection de l'enfance, présenté par le gouvernement, suscite de vives critiques de la part des associations et des professionnels du secteur. Qualifié de « gloubi-boulga » de mesures peu ambitieuses, le texte est jugé insuffisant pour répondre aux besoins des enfants en danger.

Un texte fourre-tout sans vision claire

Le projet de loi, qui doit être examiné à l'Assemblée nationale en septembre, compile des dispositions disparates sans cohérence d'ensemble. Selon le collectif « Les 1000 premiers jours », il s'agit d'un « assemblage hétéroclite » qui ne permet pas de traiter les causes profondes des maltraitances.

Le texte prévoit notamment la création d'un « référentiel unique » pour évaluer les situations de danger, mais sans préciser son contenu ni ses modalités d'application. De plus, les mesures de prévention restent floues, alors que les signalements d'enfants en danger ont augmenté de 15% en 2023, selon l'Observatoire national de la protection de l'enfance.

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Des moyens insuffisants pointés du doigt

Les associations dénoncent un manque de moyens financiers et humains. « On nous promet des réformes, mais sans les budgets correspondants, cela restera lettre morte », déclare la présidente de l'Union nationale des associations de protection de l'enfance (UNAPE). Le projet de loi ne prévoit pas de financement supplémentaire pour les départements, pourtant principaux acteurs de la protection de l'enfance.

Le gouvernement argue que le texte vise à « mieux coordonner les acteurs » et à « simplifier les procédures ». Mais pour les professionnels, cela ne suffira pas. « Nous avons besoin de davantage d'éducateurs, de psychologues et de travailleurs sociaux », insiste un porte-parole du Syndicat national des personnels de l'éducation et du social.

Des avancées timides jugées insuffisantes

Parmi les rares avancées, le projet de loi prévoit de renforcer le contrôle des établissements d'accueil et d'étendre les pouvoirs du Défenseur des droits. Mais ces mesures sont perçues comme cosmétiques par les critiques. « On ajoute des couches de contrôle sans s'attaquer au manque de places en foyers ou à la formation des professionnels », déplore une responsable de l'association Enfance et Partage.

Le texte doit encore être amendé lors des débats parlementaires. Les associations espèrent des améliorations significatives, mais restent sceptiques. « Le gouvernement semble vouloir faire vite sans faire bien », conclut le collectif « Les 1000 premiers jours ».

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