Frappes iraniennes et fermeture du détroit d'Ormuz
L'Iran a mené des frappes contre des cibles américaines en Irak, marquant une escalade majeure dans le conflit au Proche-Orient. Selon les Gardiens de la Révolution, des missiles balistiques ont visé la base aérienne d'Aïn al-Asad, dans l'ouest de l'Irak, ainsi qu'une base à Erbil, dans le Kurdistan irakien. Aucune victime américaine n'a été signalée dans l'immédiat, mais les dégâts matériels sont importants.
En parallèle, Téhéran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz, un passage stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, selon l'Agence internationale de l'énergie. Cette décision a fait bondir les cours du brut de plus de 5 % en quelques heures, suscitant l'inquiétude des marchés financiers.
Menaces de Donald Trump et réponse américaine
Le président américain Donald Trump a réagi sur Twitter en menaçant de représailles "proportionnées mais dévastatrices". Il a également ordonné le déploiement de nouveaux navires de guerre dans le golfe Persique, portant à 15 le nombre de bâtiments de la marine américaine dans la zone. Selon un responsable du Pentagone cité par l'AFP, "les options militaires sont sur la table".
De son côté, le secrétaire d'État Mike Pompeo a déclaré que les États-Unis étaient prêts à "une réponse militaire si nécessaire". Il a également appelé les alliés de l'OTAN à se joindre à une coalition pour sécuriser le détroit d'Ormuz.
Contexte et escalade régionale
Ces frappes interviennent après l'assassinat ciblé du général Qassem Soleimani par un drone américain le 3 janvier à Bagdad. L'Iran avait promis une "vengeance sévère". Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a qualifié les frappes de "première gifle" et averti que "la résistance continue".
Dans la région, les réactions sont vives. L'Irak a condamné les frappes iraniennes sur son sol, tout en appelant au calme. L'Arabie saoudite a exprimé sa solidarité avec les États-Unis, tandis que la Russie a mis en garde contre une "guerre régionale aux conséquences catastrophiques".
Selon un analyste du think tank Chatham House interrogé par Libération, "la fermeture d'Ormuz pourrait faire monter le prix du baril à 100 dollars, plongeant l'économie mondiale dans une récession".



