FGTI : 2952 victimes de l'attentat de Nice indemnisées en dix ans
FGTI : 2952 victimes de l'attentat de Nice indemnisées

Dix ans après l'attentat du 14-Juillet à Nice, le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme (FGTI) dresse un bilan chiffré : 2952 victimes ont été accompagnées. Le directeur général du FGTI, Julien Rencki, répond aux critiques dans un entretien à Nice-Matin.

2952 victimes accompagnées, dont un quart d'enfants

Selon Julien Rencki, le FGTI a accompagné 2952 victimes en dix ans. Parmi elles, 547 sont des proches des 86 personnes assassinées, 360 sont des blessés physiques et leurs proches, et 2067 sont des victimes de blessures psychiques, appelées parfois « invisibles ». L'attentat de Nice se distingue par une forte proportion d'enfants (un quart des victimes) et d'étrangers (un quart également), en raison du contexte festif et familial de la Promenade des Anglais.

1100 nouvelles demandes depuis 2022

Depuis 2022, le FGTI a reçu 1100 demandes de prise en charge. Rencki explique que les victimes ont dix ans pour saisir le Fonds à compter de la stabilisation de leur état de santé, et non de l'attentat. Le premier procès en 2022 a incité de nombreuses victimes de blessures invisibles à se manifester, après avoir mis du temps à se reconnaître comme victimes.

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Critères d'indemnisation et contentieux limité

Rencki précise que la définition de la victime, clarifiée par la Cour de cassation en novembre dernier, repose sur l'exposition directe à un péril de mort ou de blessure, ou la croyance légitime d'y être exposé. Le FGTI applique cette définition large, ce qui a permis de prendre en charge près de 3000 personnes. Les victimes déboutées peuvent saisir le juge de l'indemnisation (JIVAT). Le taux de contentieux est faible, à 3,8 %.

Critiques sur l'expertise et la complexité

Certaines victimes vivent mal les échanges avec le Fonds ou les experts mandatés, notamment lors des expertises psychologiques. Rencki reconnaît que l'expertise psy est un moment sensible, mais il estime que les critiques sont minoritaires. Il souligne que le système français est le plus complet au monde, avec une réparation intégrale, mais aussi complexe. Le FGTI n'est pas un assureur ; il est financé par une contribution de 6,50 euros sur les contrats d'assurance de biens. Rencki demande à l'État de relever cette contribution, car le Fonds verse plus qu'il ne reçoit.

98 % des victimes ont reçu une offre définitive

Rencki indique que 98 % des victimes ont reçu une offre d'indemnisation définitive, et 88 % l'ont acceptée. Les dossiers encore en cours concernent des victimes qui ont saisi récemment le Fonds et prennent le temps d'examiner l'offre. L'attentat de Nice est comparable à celui du 13-Novembre 2015, qui comptait 3033 victimes à dix ans.

Évolutions depuis les attentats de 2015 et de Nice

Rencki conclut que les attentats de 2015 et de Nice ont profondément transformé la politique d'aide aux victimes. Le FGTI a mis en œuvre trois priorités : le contact avec les victimes, l'information et la pédagogie, et des solutions concrètes, comme des services en nature en complément des indemnités.

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