Le procès de Quentin G., adolescent de 14 ans au moment des faits, s'est ouvert mercredi à huis clos devant le tribunal pour enfants de Chaumont (Haute-Marne). Il est accusé du meurtre de Mélanie, 31 ans, assistante d'éducation, poignardée le 10 juin 2025 à l'entrée du collège Françoise-Dolto à Nogent. La famille et les proches de la victime, vêtus de tee-shirts à son effigie, réclament une peine sévère. Une banderole devant le tribunal affiche : « La gravité des faits doit guider la justice, pas seulement l'âge du prévenu », tandis qu'une autre réclame le rétablissement de la peine de mort.
La douleur de l'entourage
Élodie, une cousine de la victime, a déclaré à la presse : « On souhaite qu'il ne sorte pas, qu'il reste enfermé, qu'il ne prenne pas vingt ans pour sortir au bout de dix. Parce que lui, il fera sa vie, il sera encore jeune. Mais la famille de Mélanie ne la reverra jamais, ils ont pris perpétuité. » Virginie Bos, 43 ans, une amie, a ajouté : « Ça fait un an que les parents ne vivent plus. J'attends que la justice fasse vraiment quelque chose, même s'il est mineur. »
Un « rayon de soleil »
Mélanie était décrite comme « un rayon de soleil » par sa cousine : « Elle n'avait pas d'histoires. Elle rigolait tout le temps. Elle était là pour tout le monde. La gentillesse incarnée. » Ancienne coiffeuse reconvertie dans l'Éducation nationale, elle était mère d'un garçon de cinq ans, pupille de la Nation, et conseillère municipale à Sarcey.
Les faits et l'interpellation
Le matin du 10 juin 2025, à Nogent (3 500 habitants), Mélanie a été frappée à sept reprises avec un long couteau de cuisine à l'entrée du collège, devant de nombreux témoins, lors d'un contrôle inopiné des sacs par des gendarmes. Quentin G., élève de troisième, a été maîtrisé par un gendarme qu'il a blessé à la main.
Les déclarations de l'accusé
En garde à vue, selon le procureur de Chaumont Denis Devallois, l'adolescent a déclaré n'avoir « aucun grief particulier » envers Mélanie, mais vouloir s'en prendre à une surveillante, « n'importe laquelle ». Il ne supportait plus « le comportement des surveillantes en général », qu'il jugeait différencié selon les élèves. Il aurait mûri son projet après avoir été « sermonné » pour avoir embrassé sa petite amie dans l'enceinte du collège. Il ne présentait « aucun signe de trouble mental », n'exprimait ni regret ni compassion, et montrait une « fascination pour la violence et la mort ». Selon le procureur, il « apparaît en perte de repères quant à la valeur de la vie humaine ».
Peine maximale et procédure
Âgé de moins de 16 ans, Quentin G. ne peut être jugé en cour d'assises des mineurs et encourt 20 ans de réclusion criminelle, au lieu de la perpétuité. Il est en détention provisoire depuis sa mise en examen. Son avocat, Me Antoine Chateau, n'a pas souhaité s'exprimer avant le procès, qui se tient jusqu'à vendredi.



