La Grande Mosquée de Paris, symbole historique de l'islam en France, est devenue un enjeu diplomatique entre l'Algérie et la France. Alors que l'institution est dirigée par des représentants algériens depuis sa création en 1926, Paris cherche à renforcer son contrôle sur cette institution, suscitant des tensions avec Alger.
Un héritage sous tension
Construite après la Première Guerre mondiale en hommage aux soldats musulmans morts pour la France, la mosquée est administrée par un recteur nommé par l'Algérie. Cette situation est de plus en plus contestée par les autorités françaises, qui souhaitent une gestion plus indépendante. Selon une source diplomatique, "la France veut que la mosquée reflète la diversité de l'islam français, sans ingérence étrangère".
L'Algérie, de son côté, considère la mosquée comme un outil d'influence culturelle et religieuse. En 2023, le gouvernement algérien a alloué 2 millions d'euros à la rénovation de l'édifice, un geste perçu comme une affirmation de son autorité.
Des négociations en coulisses
Des discussions discrètes ont lieu entre les deux pays pour trouver un compromis. La France propose la création d'un conseil d'administration mixte, incluant des représentants de l'État français. L'Algérie, jusqu'à présent, refuse toute modification qui réduirait son influence. "La mosquée est un symbole de notre présence en France", a déclaré un haut responsable algérien sous couvert d'anonymat.
Ces tensions s'inscrivent dans un contexte plus large de relations bilatérales parfois tendues, marquées par des différends sur la mémoire coloniale et la politique migratoire.



