Les partenaires sociaux ont exprimé leur inquiétude face au projet du gouvernement de réduire les dépenses de la branche accidents du travail et maladies professionnelles (AT-MP) de l'Assurance maladie. Lors d'une réunion le 27 juillet 2026, syndicats et organisations patronales ont appelé à la prudence, estimant que des coupes trop brutales pourraient nuire à la prévention et à l'indemnisation des victimes.
Un déficit structurel à combler
La branche AT-MP connaît un déficit chronique, estimé à 1,2 milliard d'euros en 2025. Le gouvernement prévoit un plan d'économies de 800 millions d'euros sur trois ans, via une baisse des cotisations des entreprises et une réforme des indemnités journalières. Selon le ministère du Travail, ces mesures visent à équilibrer les comptes tout en maintenant un haut niveau de protection.
Mais les syndicats redoutent une dégradation des conditions de travail. « Nous ne pouvons pas accepter que la prévention soit sacrifiée sur l'autel des économies budgétaires », a déclaré la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Elle a rappelé que plus de 650 000 accidents du travail sont recensés chaque année en France, dont 600 mortels.
Les entreprises préoccupées par la compétitivité
De leur côté, les représentants du patronat, comme le Medef et la CPME, appellent également à la vigilance. Si une baisse des charges est bienvenue, ils soulignent que la prévention reste un investissement crucial. « Les entreprises ont besoin de stabilité pour investir dans la sécurité. Une réforme mal calibrée pourrait augmenter les coûts indirects », a expliqué Patrick Martin, président du Medef.
Le gouvernement prévoit une concertation avec les partenaires sociaux à la rentrée. Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a assuré que « l'objectif n'est pas de réduire la protection mais de moderniser le système ». Il a promis que les mesures tiendraient compte des préconisations des syndicats et du patronat.
Un équilibre fragile
Les spécialistes soulignent que la branche AT-MP est financée à 100 % par les cotisations des entreprises, qui varient selon le risque. Une baisse trop forte pourrait réduire les recettes, tandis qu'une hausse des indemnités risquerait d'augmenter les dépenses. Le compromis devra être trouvé entre équilibre budgétaire et efficacité de la prévention.
En attendant, les partenaires sociaux restent mobilisés. Une réunion de suivi est prévue en septembre pour examiner les propositions du gouvernement. Tous espèrent éviter la confrontation sociale qui avait marqué la réforme de l'assurance chômage en 2024.



